Une France d'auto-entrepreneurs n'est pas la solution

Le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, vient d’annoncer le doublement du plafond de chiffre d’affaires qui doit être respecté pour conserver le statut de micro-entrepreneurs (précédemment appelés auto-entrepreneurs). Si l’on se fie à cette annonce, le plafond passerait donc à 165 600 € de chiffre d’affaires annuel pour les ventes de marchandises et à 66 400 € pour les activités de services.

Or les auto-entrepreneurs bénéficient de conditions fiscales et sociales spécifiques ce qui génère, dans certains secteurs, une concurrence déloyale inacceptable par rapport aux autres formes sociétales, et en particulier les artisans. 

La CPME, et Benoît WILLOT, Président CPME Côte d’Or et Bourgogne - Franche-Comté, quant à eux, considèrent que si la mise en place du statut d’auto-entrepreneurs a contribué à développer l’entrepreneuriat en France, elle a également fragilisé des pans entiers de notre économie qu’il s’agisse des services ou du bâtiment.

Il serait sans nul doute plus pertinent d’opérer une distinction entre revenus d’appoint et activité principale. Le statut de micro-entreprise devrait, dans ce dernier cas, être limité à une période de 3 ans avant de passer sous un statut de droit commun, et ce pour éviter un entrepreneuriat à plusieurs vitesses.

Une telle mesure mériterait, à tout le moins, une concertation avec les autres acteurs économiques ainsi qu’une étude d’impact afin de mesurer ses conséquences sur l’économie, sur l’emploi et… sur le RSI.

Ne nous trompons pas, une France d’auto-entrepreneurs ne pourrait ni investir massivement ni embaucher.

Vos commentaires

Artibatiment
a publié le 13/09/2017 16:34
Le statut d'auto entrepreneur permet à des salariés de créer une activité artisanale en plus de leur statut de salarié. Outre des cotisations réduites, ils ont par ailleurs un salaire d'assuré et peuvent donc se permettre de pratiquer des tarifs sur lesquels les artisans qui , eux, n'ont que leur activité artisanale comme source de revenu, et ont des niveaux de cotisations sociales et fiscales élevées, ne peuvent pas s'aligner. C'est plus que déloyal ! en continuant sur cette voie, on va vers la suppression de l'artisanat, véritable activité de développement local. C'est la fin des zones rurales, des artisans. Mais c'est peut être ça le but recherché ??

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