En 2019, la CCI Côte-d'Or sera dans l'action et une collaboration à l'échelle humaine selon son président, Xavier Mirepoix

Xavier Mirepoix a présenté ses voeux en ce début d'année sur le CAMPUS CCI TOISON D'OR, site choisi pour ancrer et symboliser son rôle dans l’éducation et la formation. 
Mais le président et la CCI se débattent dans un contexte négatif, ils sont face "à la mort annoncée de l’unique système public de la représentation du monde de l’entreprise", traduisez par "la mort des CCI". Ainsi ils doivent être pragmatiques et se concentrer sur leurs valeurs ajoutées, et c'est dans l’action et les projets collaboratifs à dimension humaine qu'ils engagent la chambre consulaire pour l’année 2019. Et qu'on se le dise, le président ne veut pas être celui de la décroissance, mais bien celui qui se bat avec toute l’équipe d’Elus et de permanents pour soutenir l’entreprenariat, le conseil au développement économique des collectivités locales, et la montée en compétences des jeunes, des collaborateurs et des collègues dirigeants.

CCI Côte-d'Or Vœux du Président X.MirepoixVœux du Président X.Mirepoix

" En janvier, nous multiplions les vœux à l’infini…
Ils sont exprimés toujours de façon positive dans l’espoir d’une amélioration ou d’un changement. Parfois, la vie nous rappelle cruellement la dure réalité. Je souhaite que nous ayons tous une pensée affectueuse pour Ludovic Mounier, membre titulaire qui vient de perdre sa fille de 15 ans.
La solidarité et la compassion sont indispensables entre nous tous.

Heureux de vous accueillir car l’objet de cette invitation est d’associer les Vœux de la nouvelle Année 2019 avec l’inauguration du CAMPUS CCI TOISON D’OR.

C’est dans l’action et les projets collaboratifs à dimension humaine que j’engage la CCI Côte-d’Or pour l’année 2019.

Depuis que je préside la CCI Côte-d’Or, j’ai vécu deux cycles :

Le premier 2013 – 2016 au cours duquel le Ministère des finances a contraint les CCI à participer à l’effort public pour combler une petite partie du déficit de l’Etat. La CCI Côte-d’Or a joué le jeu et a retrouvé un résultat budgétaire équilibré.
Le deuxième cycle, depuis 2017, où l’Etat, au motif de poursuivre notre contribution à l’effort, supprime en réalité les fondamentaux des Chambres de commerce et d’industrie. Dont le principal est la représentation des intérêts des entreprises locales qui paient une taxe pour frais de chambre. La taxe pour frais de chambre était une sorte de circuit fiscal court qui engageait des acteurs de proximité sur des résultats mesurables et évaluables à court et moyen terme.

La taxe pour frais de chambre revêtait un principe de solidarité inter-entreprises qui par les effets de redistribution, permettait aux TPE de bénéficier de services gratuits co-financés par les plus grandes entreprises

La taxe pour frais de chambre rendait responsables les Elus chefs d’entreprises de son bon usage. Dans une culture de rentabilité propre liée aux acteurs économiques privés, les CCI ont évité l’engrenage déficitaire des établissements publics.

Je parle à l’imparfait car les récentes évolutions annoncées par Bercy me conduisent à une toute autre lecture de la fonction d’une CCI dans son environnement économique et social.

Si les entreprises paient toujours cette taxe, la CCI Côte-d’Or la verra diminuer de 85 % entre ce qu’elle a été en 2012 et ce qu’elle sera peut-être en 2022. Mais, paradoxalement, les entreprises continueront à la payer.

Bien que les Chefs d’entreprises se soient engagés lors des dernières élections de fin 2016 à porter un contrat de mandature local inscrit dans une approche régionale, c’est maintenant Bercy qui dicte à CCI France ce que doivent ou non faire les CCI. Pourtant, le Président de la République tient des propos en faveur de la responsabilisation de chacun des acteurs de la vie locale, en soutenant la décentralisation et appelle de ses Vœux à la dignité de tous. En fait, nous restons profondément ancrés dans un Etat jacobin depuis longtemps. Les gouvernements ont réduit depuis des décennies le domaine où chacun de nous pouvait prendre des décisions libres et assumer ses responsabilités.

En 1974, la finance publique contrôlait 29 % du PIB.

En 2016, la finance publique contrôle 57 % sans satisfaire personne pour autant.

(la mobilisation des gilets jaunes en est la preuve formelle).

Le poids de la puissance publique est trop important et je reprends les termes de Xavier Fontanet, ancien PDG d’Essilor.

« Un jockey devenu obèse (la sphère publique) est mal placé pour tancer son cheval (la sphère privée) qui n’arrive plus à décrocher la médaille d’or au championnat du monde d’équitation ».

Pour nous CCI, cette centralisation nous conduit à une totale incompréhension de ce que doit être aujourd’hui un mandat consulaire. Les Elus vivent des injonctions paradoxales qui relèvent d’une forme d’hypocrisie à ne pas annoncer la fin des Chambres consulaires. Nous vivons la mort lente de l’unique système public de représentation du monde de l’entreprise. Quand Bercy nous demande dans l’urgence de faire remonter l’impact des gilets jaunes sur les activités économiques, cela devient encore plus difficile de trouver la motivation et d’accepter un ordre de celui qui nous étrangle lentement mais sûrement.

Nous vivons la mort de l’unique système public de la représentation du monde de l’entreprise.

Certains ont même donné une définition du jacobinisme libéral qui élimine les corps intermédiaires qui s’interposent entre l’individu et l’Etat.

Pour sortir de cette relation imposée et peu constructive de la part de l’Etat, et nous concentrer sur notre valeur ajoutée, nous avons choisi de faire évoluer cette institution autour de quelques principes.

Il faut avec un seul mot d’ordre « on change » :

- Développer la collaboration public/privé et privé/privé sur tout projet. La participation des uns et des autres crée de l’innovation.
- Croiser plusieurs cultures produit. Plusieurs exemples : le dispositif ALIZE qui propose du mécénat de compétences inter-entreprises.
La signature d’une convention de partenariat avec la Métropole et le Département et de plusieurs communautés de communes.
A ce titre, nous deviendrons CCI métropole en 2019 avec un seul but : faire rayonner cette métropole dans tout le département.
- Il faut construire la mutualisation d’opérations telle que la gestion des ports sur la Saône entre Mâcon, Chalon et Pagny, c’est une belle réussite. Je rends hommage à mon collègue et ami Président de la CCI de Saône et Loire Michel Suchaut.
- Il faut définir des stratégies de développement sur des marchés consolidés comme la formation professionnelle continue. Là encore en association avec la CCI de Saône et Loire, qui investit à nos côtés et soutient activement cette activité. Ce nouveau Campus CCI Toison d’Or appartient à la SCI Immobilière CCI Formation dont les CCI de Saône et Loire et de Côte-d’Or sont co-actionnaires.
- Il faut s’appuyer sur les expertises locales ou aller les chercher là où elles existent, pour se professionnaliser et s’enrichir.
- Il faut avoir l’audace d’innover et de créer les conditions d’une externalisation vers un mode privé si c’est ce qu’il y a de plus adapté à l’activité. Mon prédécesseur l’a réalisé en portant l’Ecole Supérieure de commerce d’un statut d’établissement public à celui d’une association, devenue depuis une SA, autonome, la Burgundy School of Business, avec des résultats qui s’améliorent chaque année ! Ecole qui participe à l’attractivité de notre métropole, de notre région (c’est le Président de la métropole qui le dit).

Entre la Saône et Loire et la Côte-d’Or, ce sont 4500 personnes qui ont bénéficié de formation en 2018, 500 diplômés répartis sur les 16 diplômes de BAC à BAC + 5, avec 91% de taux de réussite aux examens et 90 % de taux d’insertion dans les 6 mois qui suivent l’obtention du diplôme.

Michel Suchaut et moi-même sommes fiers de ces résultats.

Tout ceci se réalise grâce à une équipe d’une 30aine de collaborateurs qui interviennent en proximité sur la Saône et Loire et la Côte-d’Or, et 300 formateurs experts qui calquent leur pédagogie sur la réalité professionnelle.

Ce Campus CCI Toison d’Or regroupe aujourd’hui la formation professionnelle continue et le pôle Apprentissage de la CCI Côte-d’Or.

Comme pour l’Ecole Supérieure de Commerce, la CCI a créé le CFA La Noue (devenu CFA des Métiers) dans les années 1970, et l’a transformé en association. Depuis cet investissement, notre soutien à l’apprentissage n’est plus dans la gestion directe, mais dans la valorisation et la promotion de l’apprentissage, C’est ici que se prépare le 10ème anniversaire du Salon APPRENTISSIMO en avril. C’est ici que les équipes ont reçu une centaine de jeunes en novembre avec des professionnels venus leur présenter leur métier. Ce sont une cinquantaine de classes de collèges et de lycées qui ont été visités en 2018 pour promouvoir l’apprentissage, grâce à la confiance que nous font le Rectorat, les proviseurs et les principaux.

Investie dans la mise en relation entre le jeune futur apprenti et le maître d’apprentissage, en 2018 l’équipe a accompagné 260 jeunes, 230 entreprises. Enfin, ce sont 1243 contrats d’apprentissage enregistrés qui sont le fruit des relations que les équipes ont établi avec les dirigeants d’entreprise.

Là encore, nous partons des besoins de métiers et de compétences, et l’accompagnement des jeunes se situe tant sur le conseil technique et l’orientation que sur l’accompagnement plus « comportemental ». Nous savons que les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, et en particulier la génération « Z » grandie au numérique vit un énorme décalage culturel avec le dirigeant d’entreprise. Notre rôle est de préparer les deux à se rencontrer, à se parler, à se comprendre car ils ont besoin l’un de l’autre. Les rapports à la hiérarchie ont évolué, le rapport au travail et au mérite ne se situe pas sur les mêmes registres, et nous nous appliquons à bien préparer les deux composantes du futur binôme pour avoir le taux d’échec le plus faible possible.

Ce constat lié aux chocs de génération, est accentué par la révolution numérique. On dit que :

- Les enfants du numérique aiment créer
- Les enfants du numérique vivent une aventure collective
- Les enfants du numérique se méfient des institutions
- Les enfants du numérique sont difficiles à interrompre (essayez lorsque vos enfants ou petits-enfants ont la tête baissée sur leur portable !)
- Les enfants du numérique sont exigeants et impatients
- Et les enfants du numérique aiment les sports de glisse, ils surfent sur Internet !

Fort de ce constat, comme à la fin du 19ème siècle la CCI a créé l’Ecole Supérieure de commerce, comme à la fin des années 1970 elle a créé le CFA La Noue, en 2019 les CCI de Saône et Loire, du Doubs, de Haute Saône et de Côte-d’Or créent l’Ecole Supérieure Appliquée au Design et au Digital !

Toujours suivant la même ambition d’apporter des compétences dans les entreprises, après une étude de marché conduite en 2018, nous avons fait le constat que le territoire a besoin de designer numérique, de concepteur d’objets connectés, de développeur de logiciels, d’applications de Web, de designer industriel, de data designer, de concepteur d’interface web et mobile, et la liste de ces métiers évolue chaque jour !

Cette Ecole sera innovante dans son ADN. Elle sera le fruit de 3 activités indissociables :

- Une Ecole qui préparera au Bachelor Digital Designer, en association avec l’Ecole parisienne ICAN
- Une agence de conseil en innovation numérique pour identifier les opportunités du numérique dans les TPE et PME, et lancer des projets d’innovation (et nous sommes très en retard dans le domaine)
- Un laboratoire prospectif des nouveaux usages du numérique, un lieu d’expérimentation qui testera les usages avec des expositions temporaires
- Cette école ouvre sa première promotion à la rentrée de septembre 2019, nous sommes en plein recrutement. Il s’agira d’apprendre en faisant, Design, test and Learn, à l’image de ce que fait l’entreprise, « apprendre en avançant », et à l’image plus rare dans le monde consulaire des 4 CCI qui se sont lancées dans ce magnifique projet innovant !

Même principe : ce projet sera celui que nous en ferons tous ensemble, les entreprises, les partenaires publics comme la Métropole qui investit dans le soutien à la formation supérieure, les acteurs de la recherche et de la formation.

Voilà chers amis, comme vous l’avez compris, je ne suis pas le Président qui gère la décroissance de la CCI Côte-d'Or, mais bien celui qui se bat avec toute l’équipe d’Elus et de permanents pour soutenir l’entreprenariat, le conseil au développement économique des collectivités locales, et la montée en compétences de nos jeunes, de nos collaborateurs et de nos collègues dirigeants.

Nous avons la vision, nous avons le courage, nous avons besoin de vous tous pour réussir tous ensemble.

CCI Côte-d'Or Vœux du Président X.MirepoixEn 2019, je fais 3 vœux :

Le 1er pour notre pays : je fais le vœu que la France retrouve une sérénité pour avancer dans les réformes qui sont nécessaires.
Je fais le vœu que nos dirigeants politiques et nos concitoyens cessent leur défiance envers la création de richesse par le secteur privé et leur aversion pour les « riches ». Il faut arrêter de faire croire que l’argent tombe du ciel ou qu’il suffit de le prendre aux nantis. Il est indispensable de nous remettre collectivement en question. Nous sommes en droit d’attendre de l’Etat un effort pour ramener les dépenses publiques à un niveau raisonnable afin de permettre aux entrepreneurs de créer davantage de richesses et aux salariés d’être mieux payés.

Pour consommer, il faut d’abord produire.

Mon 2ème vœu sera pour les entrepreneurs et leur entreprise. Je fais le vœu qu’au-delà d’un carnet de commandes bien rempli, ils trouvent une rentabilité suffisante pour assurer le maintien de leur activité.
Et là aussi, il faut que les impôts, taxes et charges sociales décidés par la finance publique baissent.

Il faut assurer aux entreprises la stabilité par des règles du jeu plus claires et pérennes, ce qui leur donnera de la visibilité.

Il faut continuer la simplification du cadre, des contrats et des normes.

Bref, je fais le vœu que les chefs d’entreprise gardent la foi et le courage d’aller au bout de leur ambition, dans un climat social apaisé.

Le 3ème vœu sera pour vous : je fais le vœu que vous gardiez cette santé si chère à nous tous, avec quelques petits conseils :
Fréquentez des amis joyeux
Continuez de vous instruire
Riez le plus souvent possible et surtout de vous-mêmes
Sortez du conformisme qui menace la créativité
Donnez de la fantaisie à votre vie
Aimez avec ce brin de frivolité et un zeste de folie qui donnent du relief à notre prétendue sagesse
Soyez généreux.

St Exupéry a dit :

« Fais de la vie un rêve, et d’un rêve une réalité ».

Alors rêvons."

CCI Côte-d'Or Vœux du Président X.Mirepoix

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