Première fois. A l'Opéra !

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JEAN-PHILIPPE RAMEAU ! Difficile d’être dijonnais sans avoir entendu une fois au moins le nom de ce compositeur local. Mais lorsque l’on n’est pas féru d’art, il évoque un collège ou le conservatoire avant de faire penser à l’opéra. Heureusement, l’Opéra de Dijon a mis sur le devant de sa scène une œuvre du compositeur. La notoriété de l’artiste du 18ème siècle et son Pygmalion ont suffi à faire salle comble pour la première de cet opéra. Peu accoutumés des lieux culturels, certains néophytes ont toutefois saisi l’occasion de cette nouvelle rencontre entre Rameau et Dijon pour gravir les marches de l’auditorium et pour pénétrer dans ce temple de la musique et de la danse.

Opéra Dijon

Le premier constat lorsque l’on n’est pas un habitué des lieux, c’est que tout le monde a sa place dans une soirée opéra. Chemise, cravate et pantalon cintré pour les uns, jean polo pour les autres tandis que ces dames optent aussi bien pour des talons aiguilles que des baskets tendances. Il suffit de se promener sur la place Jean Bouhey un soir de spectacle pour constater que l’opéra ce n’est pas une question d’âge puisque les jeunes et les moins jeunes sont tous dignement représentés ni une question de moyens car la palette des tarifs et les réductions permettent à chacun de s’offrir pour un soir ou pour l’année le plaisir de s’installer dans les fauteuils de « l’audito ». Cette constatation sociologique de comptoir achevée, il est temps de pénétrer dans l’enceinte, après avoir montré patte blanche aux responsables de la sécurité. Billet en main, chacun cherche son siège, aimablement assisté par les hôtes et les hôtesses tous de noir vêtus. La place L-19 trouvée après un rapide détour inutile par le balcon, le néophyte peut s’installer et observer la salle. Trop de dijonnais, métropolitains et autres cotes-d’oriens n’ont pas encore saisi l’occasion de venir se familiariser avec le lieu. Heureusement, Rameau fait l’intermédiaire. Le programme annonce une première partie de 45 minutes suivie d’un entracte d’une demi-heure avant une deuxième œuvre, « L’amour et Psyché ». Tout juste le temps de bien s’imprégner des arguments (c’est dans l’univers théâtral, le nom donné au résumé de la pièce) que déjà sur la scène, les choses s’activent. « Mais, ils ne vont pas baisser la lumière » s’inquiète le primo-spectateur. La mise en scène de la sud-africaine Robyn Orlin doit débuter à cet instant. Soudain, l’homme au centre donne le feu vert à Emmanuelle Haïm, directrice musicale de l’orchestre du concert d’Astrée. La lumière baisse, les premières notes se font entendre…

La statue en version vidéo

Le néophyte a bien compris l’histoire de Pygmalion : Un sculpteur tombe amoureux de sa création à laquelle Amour donne vie. Mais alors, pourquoi elle bouge dès le début ? Pourquoi les images des corps sont projetées sur une toile ? A n’en pas douter, Robyn Orlin a apporté sa vision des choses à l’histoire originelle, transformant la statue de Pygmalion en un montage vidéo intrigant. Mais le spectateur, bien que possiblement surpris par cette interprétation, n’en oublie pas que c’est un opéra qu’il est venu admirer et il se laisse vite embarquer par le talent des artistes. Les voix surprennent, fortes, mélodieuses, intenses… Jean-Philippe Rameau est là ! Le surtitre permet au public inexpérimenté de saisir tous les textes et de mieux appréhender leur interprétation. Ceux qui n’ont pas le vocable adapté diraient qu’Armelle Khourdoïan qui interprète l’Amour, « envoie du lourd » ou « qu’elle dégage ». A la sortie, d’autres diront plus sobrement qu’elle a un coffre puissant. A côté des voix, sublimes, les danseurs font onduler leur corps dans des danses contemporaines qui rappelle que l’Opéra, même signé de Jean-Philippe Rameau, a toute sa place au 21ème siècle. L’arrivée du chœur sur scène étonne même par ce qu’il arrive à dégager « d’électro » dans le mouvement des danseurs et des choristes.  Jusqu’à la scène finale, ce Pygmalion emmène le spectateur, néophyte ou confirmé, dans son univers. La salle applaudit, la lumière s’allume, c’est l’entracte. Le moment idéal pour échanger ses impressions autour d’un verre ou d’un truc à grignoter au bar de l’audito.

Quand y’en a plus….

Presque 30 minutes plus tard, une voix invite les spectateurs à rejoindre leur siège. « L’Amour et Psyché » de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville attend son tour. Le changement de décor intrigue tout comme la présentation des personnages. Tous incarnés en double, ils sont filmés de (trop) près par un danseur et projetés sur le fond de la scène…  Cet opéra a définitivement fait le choix de la vidéo. L’Amour et Psyché, tantôt chanteurs, tantôt danseurs, affrontent les autres personnages pour sauver les sentiments qui les unissent. Peu au fait des significations et des interprétations, ce n’est qu’en sortant de la salle et en échangeant avec le public que l’apprenti spectateur comprendra que le duo voix et corps traduit la notion de narcissisme… Pour autant, inutile de saisir le sens profond de chaque élément pour apprécier cet opéra et la représentation qui en est donné. Parfois un peu perdu dans un étalage graphique et la multiplication des centres d’intérêt sur la scène, le néophyte se laisse emporter par certaines scènes. Ainsi, aux Enfers, le rythme impulsé par Emmanuelle Haïm et son orchestre invitent le pied à tapoter le sol. La vidéo omniprésente permet aussi de créer des univers et  de passer du rouge feu au bleu céleste du royaume de Vénus, intrigante sans qui cette histoire n’aurait lieu d’être. Tour à tour, l’Amour (Armelle Khourdoïan), Psyché (Magali Léger), Vénus (Samantha Louis-Jean) et Tisiphone (Victor Sicard) ont montré au public l’étendue de leur talent. Ce dernier, en robe noire et talon, a d’ailleurs apporté une pointe d’humour, volontaire ou pas, qui a convaincu le néophyte que l’opéra pouvait surprendre à plus d’un titre celui ou celle qui ose s’y aventurer, l’esprit ouvert et la curiosité aux aguets. Surprenant aussi pour "l’inabitué" de l’opéra de découvrir que ce sont les danseurs qui ont eu le mot de la fin. Une fois encore la salle s’éclaire, les artistes saluent, mettent en lumière l’orchestre et les indispensables petites mains cachés derrière la scène avant de disparaitre sous un tonnerre d’applaudissement d’une salle. Le néophyte reste quant à lui mitigé. Emballé par certains aspects, plus réservé sur d’autres mais heureux d’avoir osé franchir les portes d’un lieu qu’il ne croyait pas, à tort, il l’admet, lui être destiné.

 

Pygmalion et l’Amour et PsychéPygmalion et l’Amour et Psyché, à l’auditorium de Dijon jusqu’au 27 mai.

https://www.opera-dijon.fr/fr/spectacle/pygmalion/525

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