La méthanisation : la transformation utile des déchets agricoles

La méthanisation : la transformation utile des déchets agricoles

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Site : www.socater.frwww.ch4.frwww.retys.fr


Le 16 octobre dernier Jean-Paul Moratin, gérant de la SAS Méthanergie Ciel, posait la première pierre de la première unité de Méthanisation en Bourgogne Franche-Comté en injection bio-méthane, à Ciel en Saône et Loire.
Pour comprendre les enjeux d’aujourd’hui et surtout de demain, il faut remonter le temps avec Bertrand Pongan, président du groupe Socater, dont la filiale CH4-Biogaz est le Maître d’œuvre.

Méthanisation : voici un mot pour le grand public qui commence seulement à venir à leurs oreilles. Mais pour les entreprises spécialisées et les agriculteurs il est source d’interrogations et désormais de concrétisation.

En posant la première pierre de l’usine de méthanisation à Ciel (Saône et Loire), qui devrait fonctionner dès avril 2018 et après six ans de réflexion et de recherches, les frères Jean-Louis et Jean-Paul Moratin (EARL Bellecroix) associés à dix exploitants agricoles (SAS Méthanergie Ciel) et apporteurs de matières agricoles investissent ainsi 5, 6 millions d’euros. Projet d’énergie annuelle produite : 10 652 MWH, soit l’équivalent du chauffage annuel de 530 foyers. Car il s’agit là avec les déchets des animaux (provenance inférieure dans un rayon de 15 km), de la première valorisation du biogaz en Bourgogne dans le réseau de distribution de gaz de ville avec GrDF et une implantation sur un site qui ne doit rien au hasard : celui de l’ancienne usine Daucy, fermée à Ciel, aujourd’hui d’aucy (légumes en conserve).

Méthanisation - Socater, CH4, Retys

Vue 3D de la future usine de méthanisation à Ciel, en Saône-et-Loire

Méthanisation - Socater, CH4, Retys

L'usine sera opérationnelle dés avril 2018 

 

Les frères Moratin à Ciel, ont trouvé avec CH4-Biogaz, filiale de Socater comme maître d’œuvre une réponse à la question : que faire des déchets agricoles ? 

Méthanisation - Socater, CH4, Retys

De gauche à droite : Bertrand Pongan, président du groupe Socater, Jean-Louis Moratin, porteur du projet, Thierry Ferber, directeur Développement CH4-Biogaz, Jean-Paul Moratin, porteur du projet.


Créée en 1978 à Nevers, Socater saisit une opportunité et rachète Sudati-Ema, entreprise spécialisée dans les travaux d’électrification rurale, dans les travaux électriques aériens, dans l’éclairage public et dans les remontées mécaniques de ski. La fusion des entreprises s’impose rapidement comme le spécialiste de la conception et de la construction d’infrastructures de réseaux d’énergies sur les centres de travaux existants, et étend sa zone de rayonnement sur le quart Nord-Est de la France.
Les années 2000 sont synonymes d’accélération du développement et de diversification sur le volet réseaux. En 2005, l’entreprise fait le choix de se développer dans les réseaux humides et se positionne ainsi en leader régional sur ces derniers, ainsi que sur ses métiers initiaux, les réseaux d’énergie et l’éclairage public.
Le groupe Socater (12 millions de chiffres d’affaires l’an dernier) installé à Dijon désormais, c’est aujourd’hui à sa tête un homme, Bertrand Pongan qui ne se destinait pas du tout à la reprise de l’entreprise familiale en 2008.

Bertrand Pongan Méthanisation - Socater, CH4, RetysLa méthanisation ? L’énergie la plus renouvelable
« Plus jeune, je ne voulais pas faire le même boulot que mon père. Je le voyais comme un boulot de fou. J’ai alors orienté mes études plus dans le marketing et l’industrie du luxe puis électrique… Mais quelque chose me manquait. Une chose que j’avais découvert plus jeune sur les chantiers de Socater quand j’étais terrassier pendant mes vacances.  Un jour, mon père cherchait un Chef d’Agence à Nevers. Il m’a proposé le projet par acquis de conscience. J’ai postulé. Je lui ai envoyé mon CV.
A l’époque, Socater avait une histoire très liée à EDF/GDF. Nous étions sous-traitants de ce grand donneur d’ordre. J’ai souhaité mettre plus de valeur ajoutée à notre métier, d’où le rachat de Sudati-Ema. »
« En 2009 j’ai voulu proposer l’Éclairage Public par photovoltaïque, alors je suis parti en formation. Le concept était super : produire de l’énergie par le soleil, la stocker dans des batteries et éclairer certains lieux propres à notre Bourgogne à l’aide de certaines énergies renouvelables. Je n’ai pas trouvé une grande écoute des donneurs d’ordres. Alors nous avons fait comme beaucoup à l’époque, des fermes photovoltaïques. Métier « subventionné » et donc très volatile. Nous avons tout ralenti, contraints par un moratoire en 2010.
Lors d’un projet qui devait nous amener au Gabon, et suite à une problématique de gestion des déchets que m’avait soulevé le ministre de l’Agriculture de l’époque, je me suis intéressé à une autre facette des énergies renouvelables : La méthanisation. »

« La méthanisation, c’est depuis pour moi l’énergie la plus renouvelable qu’il soit. On fait avec les déchets de l’activité humaine du biogaz, soit que l’on brûle dans un moteur de cogénération pour produire de l’électricité, soit que l’on purifie avant d’injecter dans le réseau de gaz naturel exploité par GrDF. De plus le digestat, résultat de la digestion de la méthanisation, produit un fertilisant très riche et naturel. Pour faire simple, les matières digérées retournent à la terre. »

L’Agriculture allemande a vite compris l’intérêt de ce procédé. Avec un cadre législatif favorable et une administration moins complexe, les exploitants agricoles se sont regroupés pour monter de grosses unités. Le modèle français est bien différent notamment par l’exclusion des cultures dédiées aux méthaniseurs en cas de dossiers aidés.

Thierry Ferber, Directeur Développement dans une des filiales de Socater, CH4-Biogaz L’énergie de demain
Pour Thierry Ferber, Directeur Développement dans une des filiales de Socater, CH4-Biogaz :
« En France, on est au début de cette aventure et c’est là que nous intervenons. Il faut faire comprendre aux exploitants agriculteurs l’intérêt de la méthanisation, prévoir les quotas de déchets. À Ciel, les porteurs de projet avaient l’idée depuis dix ans mais ne savaient où se tourner. Aujourd’hui on nous trouve dans tous les salons dédiés aux énergies renouvelables. On travaille avec les chambres d’agriculture, avec l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise d’Énergie) et le porteur du projet. »

En avril, l’usine sera opérationnelle. « Il faudra alors entre trois et six mois pour le remplissage avec la matière et en septembre, l'usine sera opérationnelle et nous commencerons à injecter les premiers mètres cubes de Bio-Méthane dans le réseau.»

Bertrand Pongan Méthanisation - Socater, CH4, Retys« Pour le particulier cela ne change rien » précise Bertrand Pongan. « Les vendeurs d’énergies s’engagent de plus en plus vers des offres comprenant une part d’énergie dite verte ce qui favorise à participer à l’économie circulaire. Ça favorise le lien entre la ruralité et la ville. C’est éthique et vertueux. Et participer à cet enjeu sociétal me rend très fier. »

L’année 2016 marque un nouveau tournant dans l’histoire de Socater. Si l’entreprise reste ancrée et ambitieuse sur ses métiers réseaux historiques, elle fait le choix de se diversifier avec la création de deux filiales, CH4-Biogaz spécialisée dans les métiers, les techniques et les process de méthanisation, et Retys, bureau d’études techniques transversal, spécialisé dans l’ingénierie d’infrastructures réseaux, ainsi que le géo-détection et géo-référencement.

Le Groupe Socater souhaite ainsi asseoir son positionnement d’acteur au service d’une nouvelle approche des réseaux et des équipements plus durable et plus naturelle. De l’expertise technique à l’assistance, tous les métiers de Socater servent une vocation durable, et viennent porter une dynamique d’innovation régionale, en Bourgogne-Franche-Comté, mais au-delà.
À ce titre, Socater et ses filiales sont notamment engagées au sein de nombreuses initiatives fédératrices qui dépassent strictement le cadre régional, et notamment dans le cluster MéthAnov, spécialisé sur la méthanisation dite « voie sèche » avec l’Ademe la Région Bourgogne Franche-Comté, l’Institut National de Recherches Agronomiques et AgrOnov, pôle européen d’innovation en agroécologie.

 

Pour mieux comprendre

Le projet de la SAS METHANERGIE
Porteur du projet : EARL Bellecroix – MM. MORATIN Jean-Paul et Jean-Louis ainsi que 12 associés, exploitants agricoles locaux et apporteurs de matières agricoles.
Investissement total : 5.6 millions d’euros
Subventions accordées : 1.5 millions d’euros
Capacité d’injection : 115 Nm3/h
Energie annuelle produite : 10 652 MWh / an soit l’équivalent du chauffage annuel de 532 foyers
Valorisation du biogaz : Epuration et injection de bio-méthane dans le réseau de distribution de gaz de ville (GRDF). Il s’agit de la première unité de méthanisation utilisant ce type de valorisation du biogaz en Bourgogne.
Les intrants mis en oeuvre pour ce projet sont les suivants et sont approvisionnés dans un rayon inférieur à 15 km :
Le procédé de méthanisation utilisé pour traiter ce gisement de matière et produire l’énergie attendue est de type liquide avec un digesteur infiniment mélangé. L’alimentation du digesteur est donc quotidienne et permettra la création d’un poste à plein temps dédié à l’exploitation de cette unité de production d’énergie.

socater_ch4_methanisation

Pour visiter et en savoir plus sur la construction de l’usine de méthanisation à Ciel (71) : pascale-et-jean-louis.moratin@orange.fr - Tél : 06 13 44 74 32



La commune de Ciel, lourdement touchée par la fermeture de l’entreprise Daucy, est à 80% en superficie agricole. Le monde agricole, peu enclin pour le moment à développer le bio, est, avec la méthanisation à l’avenir d’une source de revenus complémentaires. Le monde rural se « valorise » ainsi en apportant au réseau urbain de Chalon-sur-Saône du gaz vert, c’est un investissement privé mais assez largement aidé par l’ADEME et la Région Bourgogne-Franche-Comté.

Pour Thierry Gay, Directeur de GrDF :
« Nous sommes en soutien des porteurs de projet d'injection de biométhane dans le réseau. Pour les producteurs, ce sont des avantages avec des revenus garantis par des tarifs d'achat fixés par l'État et pour l'utilisateur une garantie de consommer du gaz vert. »

Pour la Région Bourgogne Franche-Comté
« La région est très attachée à la transition énergétique.
Et ce projet est parfaitement adapté aux ambitions de la région.
Dans un contexte ou les agriculteurs sont parfois critiqués par la population, ce projet s'est fait dans un territoire qui l'accueille avec plaisir « il contribue à valoriser l’image des agriculteurs aux yeux des habitants. »

 

Rédaction
Brigitte BACHELEY
b.bacheley@orange.fr
07 71 66 20 44


 

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