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Contact :

Pour plus d'informations, vous pouvez contacter Bourgogne Oenographilie à :
bourgogne.oeno@free.fr www.bourgogne-oenographilie.com
Président : Jean-Pierre PEROT - Chemin de St-Bonnet - 71240 LAIVES - 03 85 44 88 71


21 mai 2014

Le terme définissant la collection d’étiquettes de vin est " oenographilie ", du grec " Oinos " le vin, " graphein " écrire et " philos " amis. Née en 1999, Bourgogne Oenographilie a son siège à la Mairie de Pernand-Vergelesses. Dans le cadre de la semaine des Climats, l'association  présentera à Nuits Saint-Georges, une exposition d'étiquettes de vins consacrée aux Climats de Bourgogne.

 

 

 

 

 

 

Le terme définissant la collection d’étiquettes de vin est " oenographilie ", du grec " Oinos " le vin, " graphein " écrire et " philos " amis. Ce mot est le plus couramment utilisé. On emploie également, selon les pays francophones "oenosémiophile" ou "éthylabelophile". Ce terme couvre plus l’ensemble des alcools.

 

oenographilieComment devient-on oenographile ?


Il suffira pour l’un de rechercher des bouteilles dans une benne à verre pour tomber en arrêt devant l’étiquette qui va tout mettre en marche. Pour une autre, elle va décoller pendant des années des étiquettes pour un ami qui en tapisse un mur. L ‘ami déménage et notre collectionneur va innocemment ranger ce qui lui reste dans un classeur. Un troisième va servir d’intermédiaire entre un collectionneur et un restaurateur. Quand il a en main, des images de crus illustres du Bordelais, il ne peut s’empêcher de les regarder une fois, puis deux… Au troisième coup d’oeil, les mains viennent en aide aux yeux et se mettent à choisir des étiquettes. Le tas de gauche, le petit, celui des étiquettes les plus abîmées, sera pour l’ami. Et l’autre, comment va-t-il les classer ?
On en parle alors, aux amis qui vont garder les étiquettes des bouteilles qu’ils boivent mais ce n’est pas suffisant. On poursuit en ramenant du conteneur à verre plus de bouteilles qu’on en a déposé, puis on fait la tournée de tous ceux de la région. Il faut, alors, décoller les étiquettes de chacune de ces bouteilles. Pour cela, chacun a ses trucs, l’eau froide, l’eau chaude, un séjour plus ou moins long dans l’eau, la vapeur de l’autocuiseur ou le four micro-onde. Puis viendra le temps du classement, là aussi, chacun a sa méthode : par région, par appellation d’abord, puis par thème - ils sont innombrables, les femmes, les oiseaux, les fleurs, la musique, le sport, la religion, les prénoms, les millésimes, les chapeaux, les portails, les festivals ou les cuvées spéciales Débarquement, Bicentenaire de la Révolution, Coupe du Monde , An 2000 – quand la collection deviendra plus importante.
Notre collectionneur a pu découvrir un jour, à Péronne, un salon de l’étiquette qui lui a permis de rencontrer d’autres collectionneurs et d’échanger ses merveilles. D’échanger sans jamais parler d’argent, car dans ce milieu, on ne vend pas, on échange et on donne. Il n’est pas rare de voir à la fin d’une
réunion d’échange, un collectionneur débutant venu avec une enveloppe de doubles, reparti avec quelques centaines d’étiquettes que l’un ou l’autre lui aura donné.
Il découvrira, au fil de sa vie de collectionneur, une des associations d’oenographiles. Plusieurs centaines de collectionneurs se retrouvent dans ses associations, pour échanger, leurs précieux trésors. Adhérer à une association permet d’être guidé quand cela est nécessaire, de connaître d ‘autres collectionneurs, d’être informé des activités et des réunions d’échange du réseau d’association.

 

 


oenographilieNée en 1999, Bourgogne Oenographilie a son siège à la Mairie de Pernand-Vergelesses.

L'association en bref

Ses buts :
- collectionner les étiquettes de vins, alcools et spiritueux
- les exposer
- les échanger
- sauvegarder un patrimoine graphique lié à une activité essentielle de notre région
Il est bien évident que chaque adhérent s’engage à ne pas vendre une étiquette.
Ses moyens :
Rassembler les collectionneurs d’étiquettes bourguignons en leur permettant d’avoir des contacts entre eux.
Associer à notre passion les professionnels du vin – viticulteurs, caves, négociants - ainsi que les imprimeurs, les «verriers » …
Créer des liens étroits avec des associations françaises existantes, ainsi qu’avec les associations européennes.
Nous espérons ainsi apporter notre modeste contribution à la promotion de la Bourgogne aussi bien en France qu’à l’étranger.

 


oenographilie"Il était une fois … l'ETIQUETTE" par Jean-Pierre PEROT, président de Bourgogne Oenographie.


Selon l’encyclopédie de Diderot et d'Alembert, parue de 1751 à 1772, l'étiquette est un terme juridique désignant "en style de palais, un morceau de papier ou de parchemin que l'on attache sur les sacs des causes, instances ou procès, sur lequel on marque les noms des parties et de leurs procureurs". L'origine de ce mot remonte à l’époque où les procédures étaient rédigées en latin. On écrivait sur le sac "est hic quoestio inter n... et n...", et souvent au lieu d'écrire "quoestio", on mettait seulement "quoest", ce qui faisait "est hic quoest". Cette "est hic quoest " est devenue "étiquette ".
D’après nos dictionnaires de l’An 2000, le mot "étiquette" désigne un morceau de papier fixé sur un objet pour en indiquer la nature, le prix, le possesseur, la destination…
L'obscurité la plus complète règne sur l’origine de l’étiquette de vin. Les rares ouvrages consacrés à ce sujet sont parus au cours de ce dernier quart de siècle. Elle ne saurait être antérieure à 1728, date avant laquelle le transport du vin en bouteille n’était pas autorisé.


L’histoire de l’étiquette est indissociable de celle de l’imprimerie, et en particulier de la découverte de la lithographie par Alois Senefelder à l’extrême fin du XVIIIème siècle. Cet écrivain de théâtre allemand, éprouvant des difficultés, à faire imprimer ces manuscrits à sa convenance, entreprit des recherches afin de les imprimer lui-même. Il découvrit ainsi qu’une image dessinée sur une surface de pierre avec un crayon gras repoussait l’eau et attirait l’encre. Ce procédé devint un moyen aisé de reproduire des images raffinées sur nos étiquettes. La lithographie sera développée à Bordeaux à l’initiative de Cyprien Gaulon et de son gendre, l’imprimeur Wetterwald.
Si un certain nombre de musée présentent des bouteilles aux formes irrégulières exhibant des étiquettes avec des millésimes antérieurs à 1800, il s’agit, avec une quasi-certitude, d’exemplaires rétrodatés. Ainsi, au musée du vin de Beaune, on peut voir quelques étiquettes portant date de 1798. A la Commanderie du Bontemps à Pauillac, deux bouteilles portent des étiquettes datées de 1800. Si l'appellation est imprimée, le millésime est manuscrit. A Spire, en Allemagne, il existe une bouteille de vin ancienne portant une étiquette avec la mention manuscrite "Steinwein, 1631er" mais au dessus, une couronne... lithographiée, encore une étiquette rétrodatée. S’il existe dans les vitrines de Moet et Chandon à Epernay, des bouteilles avec des étiquettes de 1741 et 1743, elles sont en réalité des reproductions céramiques du début du XIXème siècle de ce qui était censé être utilisé auparavant.


oenographilieLa première étiquette dont les spécialistes sont assurés de l’authenticité est une " Liebfrauenmilch 1800 " portant le demi-millésime 18 imprimé, le reste est manuscrit. C’est vers l’Allemagne et la Champagne qu’il faut chercher les étiquettes les plus anciennes. L’origine de l’étiquette daterait donc approximativement de cette date.
En Champagne, vers 1820, certains négociants proposaient leurs vins avec une étiquette contre un supplément de prix. Les premières étiquettes lithographiées étaient peu informatives et purement décoratives, riches en entrelacs, guirlandes, fleurons, rinceaux, véritables oeuvres d ‘art de la part des premiers graveurs.
Le millésime apparaît vers 1825. C’est ainsi que nous connaissons les meilleures années de cette première moitié du XIXème siècle : 1825, 1834, 1839, 1842, 1846. Le nom de producteur apparaît vers 1830. Les premières étiquettes ornées d’un paysage nous viennent d’Allemagne et du Val de Loire mais dans les deux cas, les châteaux ressemblent plus à ceux du bord de Rhin qu’à Chambord ou Chenonceaux.
1845 apparaît comme une date charnière. L’étiquette quitte une relative sobriété. Drapeaux, blasons, armoiries, couronnes, lions vont se disputer la surface réduite de ce rectangle magique. L'étiquette du milieu du 19ème siècle ressemble plus à un diplôme qu'à une carte de visite. L’appellation Champagne n’apparaît que vers 1850. Elle remplace ou côtoie le nom des plus célèbres villages champenois (Sillery, Bouzy, Ay, Avize). D’abord monochrome, notre étiquette va s’enrichir d’une deuxième couleur dans un premier temps, puis jusqu’à une trentaine au cours de la deuxième moitié du XIXème.


Dans le Bordelais, l’étiquette la plus ancienne semble une Château de Malle 18.. des environs de 1840. La plus ancienne de Château Yquem est une 1858 des négociants Barton et Guestier. La plus vielle du Château Filhot ne remontent qu’à 1861.
Malheureusement, au fur et à mesure, qu’avance ce XIXème siècle, l’étiquette se dépouille jusqu’à ne comporter que les mentions informatives et perdre toute décoration. Au fil de la première moitié du XXème siècle , l’étiquette bordelaise a retrouvé un minimum d’ornement avec la représentation du château. Notre étiquette de Bourgogne est restée d’une très grande sobriété. L’étiquette alsacienne a toujours conservé un style particulier proche de nos voisins allemands.
Ce n’est que récemment que l’étiquette, celles du Beaujolais en particulier, mais plus généralement celles des régions dont les vins se vendent plus difficilement, a retrouvé de l’éclat. Les créateurs d’aujourd’hui donnent plus librement cours à leur imagination. Du coté de l’imprimerie, l’offset a remplacé la lithographie.
Cette histoire de l’étiquette ne saurait oublier une initiative de qualité, celle du Baron Philippe de Rothschild qui a demandé en 1925 à l’artiste Carlu de lui dessiner l’étiquette du Château Mouton-Rothschild. Cette étiquette n’a pas pu s’imposer à cette époque mais il a récidivé à partir de 1945 en confiant chaque année à de grands artistes contemporains le soin de décorer ses étiquettes.

Jean-Pierre PEROT


Mes références bibliographiques :
• Le livre de l’étiquette de vin, Georges Renoy, Editions Vilo/Racine
• L’étiquette du Champagne, Georges Renoy, Editions Vilo/Racine

 

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