Pas d'emploi, pas d'attractivité, pas de santé sans mobilités plurielles... Elisabeth Borne s'entretient avec les acteurs économiques

Pas d'emploi, pas d'attractivité, pas de santé sans mobilités plurielles... Elisabeth Borne s'entretient avec les acteurs économiques

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Mobigo est le réseau de transport interurbain routier de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Il complète le réseau ferré TER.

Mobigo, c'est aussi une centrale d'appels qui vous renseigne sur les réseaux DiviaMobilités, Côte et Bus, Buscéphale, Transco et TER Bourgogne-Franche-Comté, réseau routier régional, du lundi au samedi de 7h à 20h, au 03.80.11.29.29 (coût d'un appel local).

Ce service est accessible aux personnes sourdes et malentendantes en cliquant ici.


07 février 2019

Après une matinée passée avec les maires du canton de Semur en Auxois, Elisabeth Borne, ministre des transports a animé une seconde réunion de travail sur la mobilité dans le bassin montbardois. Accueillie par Laurence Porte, maire de Montbard, Elisabeth Borne a proposé un échange avec les chefs d’entreprises et les présidents d’intercommunalités sur les besoins et les solutions trouvées ou à trouver en matière de déplacements. Evoquant, par ailleurs, les grandes lignes de son projet de loi d'orientation des mobilités, qui vise à améliorer et rendre moins polluants les déplacements. A l’issue de la réunion, l’avenant au Contrat de Plan Etat-Région a été signé avec Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté et Bernard Schmeltz, préfet de Région Cet avenant technique, le seul signé sur le territoire national, concerne entre autres les mobilités en région BFC.

LAURENCE PORTE a introduit cet après-midi de travail en rappelant la singularité du territoire engagé dans de nombreux dispositifs ou labellisations marquant des mutations importantes. Revitalisation des centres bourgs (54 lauréats à l’échelle nationale), contrat de transition écologique, territoire d’industrie, le bassin montbardois est un des seuls, voire le seul à cumuler, conjointement, autant de dispositifs montrant la politique volontariste d’un territoire pilote, un incubateur d’expériences transposables à d’autres territoires. Centralité des services publics, des activités industrielles avec des industries métallurgiques leader mondial dans leur domaine, une accessibilité variée avec une gare TGV et TER en ville, la proximité de l’autoroute, le canal de Bourgogne, l’accès numérique avec déploiement du très haut débit, Montbard est une ville phare de haute Côte d’Or qui souffre cependant du mal des mobilités de proximité.

ELISABETH BORNE est donc là « pour répondre aux problématiques des mobilités du quotidien, domicile travail et vie de tous les jours et tout particulièrement pour les personnes retraitées, les jeunes qui ne sont pas encore actifs… un enjeu majeur de notre pacte républicain, ce qui passe par des discussions approfondies débouchant sur le projet de loi d’orientations de mobilités… réinvestir dans les transports, moderniser les réseaux ferrés et routiers… désenclaver les territoires, des saturer le réseau ferroviaire, développer le transport public pour des mobilités actives, donner le maximum d’outils aux collectivités au plus près des territoires pour construire les bonnes réponses à cet enjeu majeur que sont les mobilités en tirant partie de toutes les innovations possibles » la Loi d’orientation sur les mobilités (LOM) devrait faire des Régions, des Autorités organisatrices des mobilités régionales (AOMR), responsables du pilotage de l’ensemble des solutions de mobilité sur leur territoire, en partenariat avec les collectivités locales et les autorités organisatrice de mobilité.

JACKIE COUDERC, directeur de Valinox Nucléaire et président de la Metal'Valley, est le premier à se saisir de la parole. Pour mémoire, le cluster Métal’Valley, soit 8 sociétés situées dans un bassin très rural, a pour objectif de développer l’attractivité du territoire de Montbard/ Venarey-Les Laumes et de promouvoir les métiers de l’industrie métallurgique. Il évoque évoquer les difficultés de ses salariés, qui viennent parfois de loin, pour se rendre à leur travail et souhaiterait, à l’instar d’un établissement public comme le CEA de VAlDUC, que les personnes puissent disposer d’un transport collectif, par exemple, et notamment pour celles qui ne disposent pas d’un véhicule ou du permis de conduire. « Il y a des gens au chômage que je nous ne pouvons pas recruter à cause des questions de transports ».

Dans ce sens, ELISABETH BORNE note que les collectivités ne se sont pas saisies de cette compétence pour le moment, sujet pour lequel il n’existait pas encore de réponse. Aujourd'hui, dans 80% du territoire, le bloc communal n'a pas pris les compétences transports. Alors à part faire des lignes de bus, nous n'avions pas trop de solutions… Le projet de loi visera donc à supprimer les zones blanches de la mobilité et incitera les entreprises à s’investir en accord avec le plan de mobilité des entreprises voté en 2015, regrettant que lesdites entreprises n’aient pas mieux été informées par ailleurs. « Les plans de mobilité dans l'entreprise auraient dû se généraliser au 1er janvier 2018, mais on n'a pas vu grand-chose ». Les Régions peuvent mettre en œuvre des outils communs à disposition des usagers pour avoir connaissance de ce qui existe autour d’eux ! LAURENCE PORTE note l’individualisme des personnes en termes de transport et propose de développer le covoiturage autrement, comme un transport en commun des zones peu denses.

Un défi, comme le relève MARIE GUITE DUFAY, qui travaille, grâce au dispositif MOBIGO à la mise en place d’un covoiturage conventionné. « Nous sommes en pourparlers afin de mettre en place un fond public privé pour un ticket mobilité, déchargé, défiscalisé. L'objectif est d'aboutir au printemps pour le lancer avant l'été.  Pour le covoiturage, nous espérons une expérimentation en 2019 dans trois territoires. Nous sommes la première région à le faire, mais nous y allons ! ». ELISABETH BORNE salue l'initiative de la Région « On atteint parfois 20% de covoiturage, mais quand les entreprises se saisissent du sujet ». Par ailleurs, laprésidente de Région confirme qu'il n'y auar aucune fermeture de lignes secondaires sur son territoire de Bourgogne Franche-Comté et que les lignes des Gentianes et des Horlogers seront rénovées et accessibles à tous.

Avec la sacro-sainte voiture individuelle, et aussi souvent la deuxième voiture, la vieille qu'on pousse à plus de 300.000 km si elle tient… C'est sûr que si l'on veut aller vers des moyens collectifs, on a un peu moins de liberté de mouvement ! Une liberté de mouvement, des difficultés de transport qui inquiètent YOLAINE DE COURSON et notamment au sujet des problématiques de santé que cela impacte. D’où l’idée d’une plateforme sociale et solidaire en partenariat avec la Région et l’ARS, qui accèdent à l’idée comme une nécessité. Une plateforme qui pourrait être un outil utilisable par les usagers, les praticiens de santé, les entreprises ! LAURENCE PORTE rappelle que 28 aires de covoiturage existent en Côte d’Or et le Département finance les signalisations et subventionne les projets sur des tranches de 100 000€ et souligne l’initiative de certains supermarchés qui participent à ces initiatives en mettant leurs parkings à disposition et sous convention avec les collectivités et/ou les entreprises !    

JEAN-PHILIPPE RICHARD, président du MEDEF de Bourgogne Franche-Comté, a présenté ses propositions à la ministre, dans le cadre de son projet de loi d'orientation des mobilités. Il rebondit sur la mise en place du ticket mobilité voulu par l'État et la Région qui doit, pour lui, se faire sur la base du volontariat des entreprises, pour une utilisation limitée dans le temps pour des bénéficiaires résidant à 30km de leur lieu de travail et non imposables. Un dispositif qui idéalement devrait être défiscalisé notamment pour les apprentis. L’U2P, créée par les trois grandes confédérations de l'artisanat et du commerce de proximité et rejointe en novembre 2016 par l’organisation représentative des entreprises de proximité, participe à ce travail préalable. Elle rappelle le contexte économique complexe des entreprises de proximité marqué par la saturation des chefs d’entreprises. Contexte dans lequel le ticket mobilité présente des avantages certains mais aussi beaucoup de questions sur les modalités pratiques, le financement et la fiscalité. Il s’agit, par priorité de préserver les emplois !

FRANCIS PENNEQUIN, gérant de l’entreprise de travaux publics qui porte son nom, a demandé à la ministre qu'il n'y ait pas de charges supplémentaires pour les entreprises dans le cadre de son projet de loi sur la mobilité. Il faut déjà travailler sur la qualité des infrastructures existantes, ce qui n'a pas toujours été le cas. « Nous avons une dette grise qui est de la responsabilité de l’ensemble de la collectivité… en campagne les personnes s’éloignant des pôles d’activité aussi pour des raisons financières liées au logement n’ont pas forcément d’autre choix que d’utiliser leur véhicule et il s’agit de ne pas reproduire des erreurs du passé en pensant avoir des vertus sur l’avenir ! »

MICHEL NEUGNOT, vice-président de la Région Bourgogne Franche-Comté, a longuement présenté les objectifs de la centrale de la mobilité, portée par le conseil régional la marque MOBIGO, qu'il souhaite faire davantage connaître. Couvrant l’ensemble des solutions de mobilité proposées par la Région, MOBIGO est déployée sur de nombreux supports. Rtrouvez ICI et ICI tout sur MOBIGO.

A l'issue de la réunion, la ministre ÉLISABETH BORNE, le préfet de BERNARD SCHMELTZ et MARIE GUITE DUFAY ont signé l'avenant au contrat de plan État-Région, comportant plusieurs points tels que le renforcement de l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite dans les gares notamment celle de Dijon, une expérimentation innovante de train à hydrogène dans l'Yonne et l'assurance de la non-fermeture de lignes secondaires. Ces évolutions reflètent les nouvelles orientations des investissements, en adaptant la programmation pluriannuelle aux résultats des études techniques et à l’évolution des priorités en matière de transport. L’Etat passe donc de 43 millions € à 78 millions € le montant de sa participation au sein de la Région BFC. Un volet vise à améliorer la mobilité du quotidien avec, en particulier un redéploiement des crédits de 25 millions € sur des travaux permettant la modernisation de la ligne des Horlogers reliant Besançon à la Suisse portant le montant de l’opération de 12 millions € à 37 millions €.

Au fil des discussions, les grandes fractures territoriales en matière de transports, de présences hospitalières et médicales, d’accès au numérique se répondent comme une litanie contre laquelle se mobilisent les collectivités et l’Etat. Et un constat s’impose en termes de mobilités et de « mobilités douces » …Au-delà de l’aspect environnemental et écologique, être dépendant des énergies fossiles, c'est être dépendant de la géopolitique, du cours du baril, des taxes diverses et variées qui ont enflammé la colère des français ces dernières semaines ! Un enjeu donc, de souveraineté nationale qui pousse à réinventer les transports, même dans les zones peu denses où l’inventivité aura toute sa place. Auto-partage, pertinence des véhicules électriques en milieu rural (renforcement des primes cumulables etc.) puisque le trajet moyen est souvent court (30km).

 

Etaient également présents au côté d’Elisabeth Borne Joël Bourgeot, sous-préfet de l'arrondissement de Montbard et référent départemental pour le grand débat national, ainsi que Patrick Molinoz, maire de Venarey-Les Laumes et vice-président de la Région, Michel Neugnot, premier vice-président de la Région Bourgogne Franche-Comté, Bernard Schmeltz, préfet de la région Bourgogne Franche-Comté, François Patriat, sénateur de Côte-d'Or, Yolaine De Courson, députée de la 4e circonscription de Côte-d'Or, Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne Franche-Comté Laurence Porte, maire de Montbard.

 

Rédaction et crédit photos Marie Quiquemelle

    Agent de développement local

   Conseils en animation du territoire aux élus et associations

   Formatrice en insertion professionnelle

     mariequiquemelle@gmail.com 

 

 

 

 

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