Des jeunes femmes apprenties témoignent à l'occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes

Des jeunes femmes apprenties témoignent à l'occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes

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BATIMENT CFA COTE D'OR
21000 Dijon
http://www.batimentcfabourgogne.com/


 


15 mars 2018

Fadila KHATTABI invite les jeunes apprenties du CFA du Bâtiment de Côte d’Or à lui faire part de leurs expériences. A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme, Fadila KHATTABI, députée LREM de la 3ème circonscription de Côte d’Or a offert une tribune aux jeunes femmes apprenties du Bâtiment CFA-BFC, pour qu’elles lui racontent leurs parcours, parfois semés d’embûches, mais également qu’elles lui fassent part de leurs expériences de femmes dans un monde essentiellement masculin.

9 jeunes femmes, apprenties en CAP peinture, carrelage ou menuiserie, étudiantes en bac pro ou en BTS, dans l’aménagement et les finitions ou dans l’économie de la construction, se sont prêtées au jeu du témoignage et ont fait profiter l’assistance, composée outre du directeur du CFA Monsieur Favier, de représentants de la CAPEB 21, de FFB 21 et de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, de leurs expériences respectives, de leurs difficultés à obtenir un poste en entreprise, mais également de leur grande satisfaction à s’épanouir dans un métier qu’elles ont choisi.

Ce sont d’abord les consulaires qui se sont exprimés :
Alain RATEAU (CAPEB 21) a d’abord précisé : La majorité des entreprises du bâtiment sont favorables à l’équité. Les possibilités de faire carrière dans ces métiers sont importantes car il n’existe pas de frein particulier, quels que soient les métiers, même si les conditions de travail restent parfois difficiles (intempéries).
La formation dispensée permet d’acquérir des compétences et quand on a la vocation et l’ambition, devenir cheffe d’entreprise est relativement facile. »
Valérie BERNARD (FFB 21) a indiqué : « La FFB fait la promotion des femmes dans le bâtiment. Elle a développé des groupes de femmes dans tous les départements français. Au total 3000 femmes travaillent dans le bâtiment et représentent :

12 % de l’effectif total du bâtiment
Dans ces 12 %, 47 % sont ETAM ou Maîtrise
18 % sont cadres
1% sont ouvrières
Plus d’une entreprise sur 2 est dirigée ou co-dirigée par une femme.
Le bâtiment est un ascenseur social. »

Même si le CFA du bâtiment compte seulement une vingtaine de filles pour 500 élèves, elles ont affirmé s’y sentir bien, y compris durant les périodes en entreprises, sans éprouver le besoin d’alerter sur les discriminations hommes-femmes pouvant exister dans le milieu.

Karen PROMMER, jeune cheffe d’entreprise dans la pose de placo et les finitions, témoigne : « Ce n’est pas difficile pour une femme de créer son entreprise. Cela a même beaucoup d’atouts, d’abord parce que ce n’est pas commun et puis parce que cela plaît aux clientes qui trouvent une oreille attentive et des explications qu’elles n’auraient pas eues avec un homme. Cependant, il faut du courage, de l’ambition, ne pas compter ses heures et ne pas avoir peur de la paperasserie ».
A 24 ans, cela fait 5 ans qu’elle est à son compte.
Pour son parcours, ce fut BEP et Bac Pro + un CAP de plombier.
Elle a connu des difficultés à imposer son choix, tant auprès de ses parents que du collège et du lycée, car l’apprentissage véhicule une mauvaise image. Elle a donc été obligé de cesser de travailler à l’école pour s’imposer.

Pour Marie LEGOUHY, le parcours est plus atypique : en effet, c’est après un baccalauréat ES et l’obtention d’une licence en faculté qu’elle se rend compte qu’elle n’a pas d’expérience pratique et suit aujourd’hui les cours de BTS en Economie de la Construction.

Ophélie EME a, quant à elle, éprouvé de grandes difficultés à imposer son choix de l’apprentissage qui lui a été refusé en fin de 3ème, puis en fin de seconde. « Lycéenne en 1ère S, j’ai totalement stoppé les cours pour enfin pouvoir préparer un CAP peinture, puis un Bac Pro et maintenant un BTS Aménagement Finitions. Si cela se passe très bien dans mon entreprise, la trouver a été très compliqué. Je me suis heurtée au refus des entreprises d’embaucher des apprentis car « cela coûte cher ». Il m’a fallu envoyer 62 CV pour obtenir une réponse ! »
« C’est dommage que les entreprises soient si réfractaires, elles devraient tenir compte du fait qu’un jeune formé dans une entreprise peut être opérationnel immédiatement. Du coup, le coût de sa formation est largement et très vite amorti. Il y a un gros travail à faire sur les entreprises. »

Sophie MORIZOT poursuit des études en CAP menuisier fabricant après un Baccalauréat S et une entrée en faculté qui ne correspondait pas à ses attentes. « Ce n’est pas forcément d’être une femme qui est compliqué, c’est d’être jeune. Les garçons se heurtent aux mêmes freins que nous ».

Pour Céleste BIZOUARD qui a étudié la neuropsychologie avant de se réorienter en menuiserie, « Une femme n’a pas droit à l’erreur, cela crée une exigence supplémentaire ».

Toutes ces jeunes femmes se sont heurtées aux mêmes freins :
-    Un manque de considération de l’apprentissage que ce soit par l’Education Nationale ou par les parents ;
-    Un défaut manifeste d’informations en amont sur les possibilités de carrière après un apprentissage.
-    Des difficultés pour trouver un contrat en entreprise.

Cependant, l’assistance est unanime : « Toutes ces jeunes femmes ont un point commun : ce sont toutes des jeunes femmes de caractère qui n’hésitent pas à s’imposer dans un monde essentiellement masculin, voire un peu machiste, où elles ont toute leur place ! »

Fadila KHATTABI a pris note des diverses problématiques exposées, thèmes qui alimenteront le débat à l’Assemblée Nationale, dans le cadre de la future loi sur l’apprentissage et la formation professionnelle.

(Texte et photo : Corinne Royer)


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