A La Porcherie... l'Art c'est pas comme du Cochon !

A La Porcherie... l'Art c'est pas comme du Cochon !

Contact :

La Porcherie.

Lieu d'art contemporain
22 route de Montbard
21150 Ménétreux-le-Pitois


Téléphone : 0380969223
ou 0634336991

 

 


22 novembre 2017

Il y a un certain temps, le jeune Remi émergea à la vie, quelque part au milieu des cartons dans un lieu improbable, envahis de matériaux de construction… Oui mais non je vous vois venir… Il n’y fut point trouvé à l’instar des castrats qui enrichissaient les chœurs de la Chapelle Sixtine, sordidement jetés dans une de ces trappes dissimulées dans les murs des couvents et autres églises romaines à la Renaissance… NON, mais papa et maman Tamain quittaient la capitale pour s’installer à Menetreux le Pitois où les attendait, en héritage, un négoce de matériaux !

Un négoce de matériaux et un gamin qui s’ennuyait ferme à l’école, cela a donné le roi du bricolage, de la pince coupante, de la resserre à clous, des amas de tuiles et autres briques. Le loupiot de papa et maman Tamain étant quelque peu casse-cou et fort inventif en matière de sottises, construisit sur l’immense domaine de cette ancienne porcherie autant de cabanes que de tables branlantes et sièges voués à s’écrouler… Lourde tâche pour les employés dudit négoce que de surveiller ce trublion cavalant entre chariots élévateurs et scie à ruban !!

Finalement, bien qu’ayant attrapé quelques années de plus (39 et sans doute autant de dents j’en suis presque sûre) le jeune Rémi devenu Monsieur Tamain Prince de la Porcipauté de son état, Chevalier des Arts et Lettres (ah bin oui et la médaille reçue des mimines de Fleur Pellerin), bardé de diplômes dont un BAC qu’il passa 4 fois par ennui autant que par provocation, n’en est pas moins dissipé !

Look irréprochable de dandy en tartan ou Vichy Oxford bleu et blanc, portant élégamment toutes sortes de couvre-chefs ou chaussures dissidentes, Rémi pétri de bonnes manières et d’un sens inné de la courtoisie manie, avec charme, un sens de l’humour décapant jusqu’à l’irrévérence moustachue… Un vrai bonheur de joutes verbales servi par une solide érudition en matière d’art et d’histoire ! Et ça ce n’est pas une histoire, car c’est dans cet esprit vif et facétieux que naquit la Porcherie, lieu d’art contemporain, aux fins fonds des fesses de l’Auxois, entre friches industrielles et maison de maître aux odorantes glycines.

La Porcherie c’est d’abord l’atelier de Remi Tamain, installé dans l’ancienne clouterie, un lieu pour l’art et les artistes, un lieu qui commença à voir le jour en 2006. Depuis 38 expositions, représentant 78 artistes et… 93 000 et quelques visiteurs y sont passés ! Oui excusez du peu et Rémi tient les stats, 8000 bourguignons (cherchez l’erreur) et les autres de toutes la France et de l’étranger, car on ne passe pas à la Porcherie, on y vient et de loin...

Le jeune agitateur peut s’enorgueillir de la reconnaissance de ses respectables pairs et se remet (ouf il était temps) à la création qu’il avait un peu laissé de côté par occupations multiples, mais peut-être aussi par feigne ou incertitude (on ne peut pas être à la fois créatif et sûr de soi). Le voici donc de nouveau armé de scie, colle et autres vernis pour produire, créer, être vu et donner à voir (5 expositions à venir dont 3 à l’étranger).

La Porcherie ce sont des projets et Certains l’Aiment Chaud qui a posé ses pompes, ses valises et quelques œuvres improbables (ah bin oui une petite paire m’a laissée gravement perplexe, je l’avoue) du 28 juillet au 5 novembre avec 6 artistes français.

Nelson Aires déboule, quant à lui, avec Bloodline, une exposition monographique qui couvrira le rude hiver de nos campagnes. Un drôle de zigoto qui interroge les entre-deux corps, les mi-lieux et les interstices temporels, au travers d’un ensemble d’installations, d’objets et d’images numériques… Tiens, voilà une petite approche du bonhomme, jeune, intelligent (oui il est aussi beau gosse), lis voir un peu… « Abattre » a premièrement été employé au sens de « frapper, heurter, faire tomber pour être ramasser », au sujet des édifices, des arbres, des minerais ou des fruits. Par la suite, le verbe a été appliqué à l’animal, tout d’abord dans l’idée du soin, puis de la mise à mort. Ce glissement du vocabulaire permet d’édulcorer le processus de création de la substance carnée, en créant des analogies multiples avec le végétal et le minéral. Cette mutation linguistique accompagne la révolution des dispositifs d’abattage, qui sont, au cours du siècle dernier, rejetés progressivement en dehors des villes et des campagnes, formant ainsi des non-lieux induisant de nouvelles cartographies.

À partir de ce contexte, Nelson Aires étudie ici le monde de l’abattage, à travers un ensemble d’œuvres inédites, allant de l’installation à la sculpture, à partir du point de vue minéral et végétal, en concentrant son attention sur des notions telles que la métamorphose, la cartographie ou bien encore l’ornementation. Il crée ainsi des espaces impossibles, articulés autour de surfaces et de matérialités souvent abstraites, évoquant aussi bien la terre et la roche que la chair. Ces espaces, qui se partagent donc entre territoires, environnements, paysages et cartes, d’un côté, et entre échographies corporelles, tissus charnels et compositions viscérales, de l’autre, découlent d’une volonté de donner à voir autrement une réalité effective, en exploitant une vision hybride de celle-ci, formée à partir de données historiques, anthropologiques, biologiques, géologiques et symboliques.
Les œuvres qui seront présentées  à La Porcherie, interrogent les questions de la filiation, de l’enracinement et de la descendance, notamment grâce au fil rouge créé par le matériau présent, sous une forme ou une autre, dans la composition de chacune : Le Sang.  A suivre donc ! Et lui, on l’aime avec ses monochromes et son esprit vif.

A La Porcherie, ça bouge et 2017 / 2018 c’est un rythme d’exposition qui change, deux par an, l’ouverture de logements pour les artistes en     résidence, la création d’un FAB LAB grand public (ouf en Auxois c’est pas trop tôt) et du nouveau encore du nouveau grâce à la confiance de ses amis et de son premier fan club, sa maman, des conférences, des partages bref… la vraie vie d’une Porcherie qui cochonne les idées reçues sur l’art à la campagne et qui plus est contemporain !

Ce sera aussi une ouverture sur l’extérieur plus lisible, résidence d’artistes, ateliers de créations diverses, travail avec les enfants et leurs écoles (vite instituteurs ou professeurs d’art plastique ... y’en aura  pour tout le monde mais il faudra se manifester vite ).

Point fort 2018, 41 affiches d’artistes internationaux se montreront à La Porcherie. 2018, fin du centenaire de la Grande Guerre… l’histoire et ses images s’inviteront chez Remi Tamain attaché aux valeurs de liberté dont il tient la solide impertinence qui lui colle à la peau !

La Porcherie Lieu d'art contemporain (oui je me répète) c’est aussi une association loi 1901 ayant pour but de soutenir et promouvoir la création contemporaine par l'organisation de résidences d'artistes et d'expositions dans un lieu atypique et dédié.Elle mène une politique de sensibilisation aux arts plastiques des publics par la mise en place d'ateliers de pratique ou de conférences d'historiens de l'art et/ou d'artistes. Si vous souhaitez soutenir cette action et tous ces projets, vous avez la possibilité d'adhérer à l'association.

Adhérer c'est aussi avoir un accès illimité et gratuit aux expositions, pouvoir assister gratuitement aux conférences sur le lieu pour l'adhérent et demi-tarif pour un invité de son choix, le demi-tarif sur tous les repas de finissage, pouvoir arborer un badge aux armes de la Porcipauté et surtout soutenir un art exigent et impertinent en milieu rural.

 

Ouvert du vendredi au dimanche de 14 à 18h ou sur rendez-vous laporcherie@gmail.com  ou 06 34 33 69 91

 

Crédit photos Marie Quiquemelle

 

m.quiquemelle@echodescommunes.com

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