Perché sur la Colline ou le festival totalement barré de Collin'Art !

Perché sur la Colline ou le festival totalement barré de Collin'Art !

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20 septembre 2017

Si en grimpant la côte, qui monte vraiment, sur ta bicyclette à pédales tu as vu rouge et gros nuages noirs c’est noir(s), c’est que tu étais au bon endroit ce samedi là ! C’est que tu as eu le nez fin et que tu n’as pas oublié de lire ta rubrique préférée… Les rendez-vous de Côte d’or. Et si tu es venu avec ta petite famille, c’est encore mieux parce qu’il y en avait pour tous les âges, pour pas cher et c’était de la bonne, de la très bonne came… (ah oui je sais tu as eu peur) ce Festival des arts de la rue perché à Sombernon. Question théâtre, je suis un peu fine gueule, et dans la rue j’aime que ça colle à l’insolite, au bavard, au décalé ! Aussi fus-je servie…

Dans l’ordre ou le désordre, à 14h42 ou à 16h51 les horaires étaient aussi décalés que le Spectacle. Quand je suis arrivée, ça chauffait entre deux agents immobiliers bien allumés en cours de rachat, oui, mais de rachat de quoi ?? Parce qu’avec la Compagnie du Thé à la rue tout est A Vendre, à commencer par l’espace public. Habitats, habitants, entreprises, espaces verts, parc automobile ...

 

Une visite du bien est l’occasion pour les deux experts d’imaginer les stratégies nécessaires pour rentabiliser un super investissement et ce soir il est question d’acheter une commune, petite forcément, en mauvais état ou presque, bref de solder et brader habitations et habitants…un texte cinglant de l’agence Luximmo, qui évoque la manière éhontée dont l’Etat déshabille les communes, contraignant leur maire à les vendre !! Un fond qui résonne très fort aux oreilles de Remy Garrot, monsieur le maire, en des temps où la loi NOTRé en vient à se donner en spectacle sur la place du village et plus seulement dans les l’hémicycles aseptisés de notre république ! L’honneur fut sauf, Remy Garrot, monsieur le maire, me confia qu’il avait pu racheter son beau village de Sombernon à l’€ symbolique !

 

Autre lieu, autre ambiance… Dans le grenier de la maison de famille, un jeune homme se plonge dans les vieilles valises de son grand-père, un artiste de cirque qui sillonnait les routes. Il découvre dans l’une d’entre elles une marionnette plutôt particulière… Fouillant dans sa mémoire, il retrouve les gestes de son « pépé » et la marionnette petit à petit reprend vie grâce à la Compagnie K-bestan. Plouf et replouf, non ce n’est pas l’averse qui se cassa la figure des nuages noirs, mais un Duo de natation synclownisé. Non pas question d’être antiféministe, mais à l’heure où l’on parle de parité, est-il possible aux hommes de pratiquer une discipline réservée aux femmes ?

 

Wouhaou, le débat est prometteur ! Ils n’ont pas le désir de conquérir un des bastions de la grâce féminine, mais le corps svelte, élancé, musclé d’un homme peut toutefois, au-delà de ses formes, surprendre par son élégance ! Oui madame ne t’en déplaise. Bref, à Sombernon, Perché sur la Coline ça cinglait fort et pas que le vent qui, heureusement ne se leva point.

Du théâtre de rue comme on l’aime, insolent et interpelant par l’humour, la violence ou la tendresse. Et question tendresse, un premier coup de cœur avec Le Montreur et Le Gaine Park (Paléo-site de marionnettes préhistoriques). Dans un lointain pays, lors de fouilles archéologiques, des scientifiques, au cas où tu ne le saurais pas, mirent à jour ce qui pourrait s'apparenter à des squelettes de marionnettes.

Roger, en fin connaisseur se rendant sur les lieux avec un pinceau ( oui il est archéo et un bon archéo a toujours son pinceau) a délicatement extrait une marionnette de la terre et voilà qu’en la chatouillant, elle repris vie. Ne sachant que faire de toute cette civilisation découverte, Roger, eu l'idée fantasque de leur construire un village de marionnettes… préhistoriques. Et bin oui forcément !! Alors la marionnette à guilis, le casse noix version paléolithique, l’arbalète à doudous et le balafon en toutes petites calebasses, j’ai adoré et les mominettes aussi !

 

Retour à la dure réalité avec Batman VS Robespierre, ou l’histoire de Jean-Claude Barbès, un type bien, en tout cas, qui n’a jamais rien fait de mal, en tout cas, qui ne mérite pas la moitié de tout ce qui va lui arriver de toute façon. Il a une femme, un fils, un appartement, un banquier, un emploi, des repas en famille avec son beau-frère le samedi, tout va bien. Ah oui mais voilà, tout arrive, le chômage, les huissiers, le banquier, l’amant, l’accident… en fait rien que de très ordinaire, tu me diras !

Oui mais échevelé et déambulant, ça mettait bien une bonne petite claque aux idées reçues du « ça n’arrive qu’aux autres » et non je ne te dirai pas comment a fini au cas où tu aurais filé en douce pour écouter les Fils de Teuphu, une fanfare déjantée et rock’n’roll, à grand coup de cuivres, de cordes et de percussions. Ça swingue, ça balance, ça fait garder la cadence et ça s’écoute comme une chanson populaire les tripes en plus !

Pendant que tu rêvassais entre deux tour de champ,  moi j’ai eu un vrai coup de cœur au cœur.  Et je l’attendais depuis longtemps, depuis qu’il fait le tour de France des monuments aux morts, 38000 monuments aux morts dans notre beau pays et tu sais pourquoi toi ? Parce que pendant la Grande Guerre, celle aux 6 millions de morts, si l’ennemi de la patrie (la nôtre) n’avaient pas plus de temps que d’autres pour ramasser les morts, au moins ils laissaient un objet, une chose… pour ceux qui les retrouveraient et bâtiraient des sépultures (et non ne viens pas me dire que je fais dans le facho parce que la petite fille de résistant et déporté t’en colle une).

 

Nous eûmes des maréchaux, trois, et l’on empila les morts dans des fosses communes, léguant l’héritage de leur sang à des monuments aux alignées de noms…qu’heureusement nous honorons. Patrice De Bénédetti, dans son Solo pour un monument aux Morts, danse et dit avec une brutalité et une justesse poétique qui te vrille les tripes, dans un corps à corps tendu entres gestes et mots, l’histoire de ceux dont on failli oublié le nom. Véritable hommage au monde ouvrier, à Jean Jaurès et à ses aïeuls, ce spectacle antimilitariste « donne les poils ». Le corps blessé évolue avec prouesse dans l’espace public, le monument aux morts, lieu de témoignage du passé où la prise de parole, même par le corps meurtri et mutilé, devient possible. Un moment pour célébrer la vie, un acte militant au sens noble du terme. Chapeau très bas, Monsieur !

 

Je te l’accorde, il fallait bien un petit passage par la La rêv'othèque où Christian Hanser, colporteur de rêves, invitait ceux qui voulaient le rejoindre, à venir prendre un temps de tranquillité, juste pour se rencontrer, se détendre et discuter ensemble. Rêver... prendre le temps de laisser libre cours à son imagination, se prendre à espérer, et à croire qu'un changement pourrait être possible. Un monde ent tout petit pour les petits et les grands rêveurs et sa jolie roulotte pleine de toutes petites choses que les enfants soufflent dans l'oreille des grands.

Mais il commence à faire sombre et même froid, alors le terrain de tennis prend des allures woodstokiennes en couvertures de tous poils mais surtout en polaire pour s’éclater, grelottant, devant, ou plutôt derrire, Jacqueline et Marcel dans l'Ours de Tchekhov. Et qui dit âme slave dit vent sur la steppe et neige à venir. Il y eût une Popova, jeune veuve totalement déjantée et Smirnov, un propriétaire terrien encore assez jeune et plutôt smart et beau gosse.

Il y eût le texte de Tchekhov et son intrigue, Jacqueline et Marcel et… le public. Voilà ce qui sembla être un postulat de départ à peu près certain. Pour le reste, tout apparteint à l’instant, à l’imprévu, aux dents qui claquent et à la lumière qui baisse. Désopilant je crois que ça résume l’in résumable.

Voilà. Le soir restait à venir avec le petit creux et la grande soif… 1h d’attente pour le dal de lentilles de la Péniche Cancale, ça humait le curry et l’humeur vagabonde et pas pressée du soir. Alors moi je t’ai pas attendu et j’ai juste pris mon courage à deux mains et une tasse de tisane pour savourer un pane cake aux petites tomates très bonnes (c’était écrit dessus) avec la petite sauce qui va bien et comme je devais faire VIP, on m’en a même offert un au chocolat, du frais qui colle à la casserole et pas avec deux l et un.

 

Monsieur le maire, tu te désolais parce que tu avais prévu qu’on soit Perché au centre du village et que le dieu météo t’a joué le méchant tout du « je vais pleuvoir, je vais pas pleuvoir »… Il n’y a pas à dire, sur la place ou au milieu du champ tes administrés ont répondu présents et vraiment ce fût un moment de vraie fête de rue !

 

Crédit photos Didier Bonin (concert) , Marie Quiquemelle

m.quiquemelle@echodescommunes.com

 

 

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