Il est à Alise un Mystère soigneusement gardé !

Il est à Alise un Mystère soigneusement gardé !

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Amicale du Mstère de Sainte Reine

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29 août 2017

Un de ces Mystères qui se jouaient au parvis des cathédrales, il y a longtemps, bien longtemps ! Dans ce village perché de l’Auxois, fut un jour Reine, âgée de 15 ans couronnée ni de joyaux ni d’épine, mais forte d’une inébranlable foi, celle des chrétiens que pourchassait Rome dans une traque sanguinaire. Il fut Reine, martyre puis sainte, dont tout un village conte, deux soirs d’été, au Théâtre des Roches, entre pierre et ciel, l’histoire versifiée de ce tragique destin.

 

Les mystères gagnèrent le Moyen âge, empruntant à l'Ancien et Nouveau Testament, ou à la Vie des Saints les thèmes de leur narration. Le Christianisme, qui voulait s'emparer complètement des âmes, devait donner satisfaction à tous les besoins intellectuels des fidèles…

La passion pour les jeux scéniques avait été jusqu'à la fin du paganisme l'une des plus vives du monde païen. Le clergé n'essaya pas de la détruire, mais lui donna une direction nouvelle.

Si les Mystères ne furent d'abord que des figures muettes de cire, de plâtre ou de bois… peu à peu leur scène s'anima. Prêtres ou fidèles prenant le rôle des personnages, traduisirent leurs sentiments et leurs pensées par une théâtre des gestes et de langage vulgaire au sens propre…vulgaris… c'est-à-dire qui appartient à tout le monde…

La sainte histoire de Reine naquit en même temps que la mort de l’enfant, en l’an 253.

Née au milieu du 3ème   siècle, Reine est l'enfant unique de Clément, arrière-petit-fils d'un général romain, devenu l'époux de la sœur d'un illustre général gaulois, commandant tout puissant du pays d'Alésia.

Reine, dont la mère est décédée à sa naissance, est élevée par une nourrice, vouée à une nouvelle foi, la foi des chrétiens, qui vénèrent un Dieu unique et son fils descendu sur terre pour sauver le monde…

Philomène, va enseigner à Reine le courage des martyrs, le refus des richesses et l'amour du sacrifice. Quand Reine atteint ses 15 ans, son père veut la convier aux plaisirs de son rang afin de lui présenter des prétendants. Elle lui oppose « Je suis chrétienne » ce qui génère la colère paternelle et la réclusion dans une ferme parmi les valets, les paysans, où elle surveille ses moutons près des Trois Ormeaux en chantant.

 

Mais voilà que revient à Alise, Olibrius triomphant gouverneur romain, venu sur ordre de l'empereur, anéantir toute velléité de christianisation. Découvrant Reine par hasard, il tombe sous son charme et promptement la demande en noces. De sa foi chrétienne, Reine refuse de céder aux avances d’Olibrius et de renoncer à sa foi… Olibrius la fait emprisonner dans un cachot à Grignon. Il réitère sa demande avec moultes promesses. Mais Reine demeure inébranlable devant un père impuissant et torturé de remords.

Elle subit tout l'arsenal de tortures en vogue à l’époque… l'eau, le fer, le feu… déchirée, anéantie Reine est décapitée et le Mystère qui naquit de son martyr se joue depuis l’an 866 et ce serait le plus ancien Mystère célébré sans interruption en France !

Bien au-delà cette sombre fin, c’est tout l’engagement d’un village à célébrer sainte patronne qui émeut aussi ceux qui viennent d’ici ou de loin pour assister à ce spectacle imposant, écrit en vers. Dans le somptueux Théâtre des Roches, sous la voute des arbres, s’élèvent voix, plaintes, tumultes et chants.

Si en d’autre temps le théâtre fut condamné par l’église et la foi des comédiens bafoués, celle de la centaine de bénévoles qui font vivre cette tradition reste intacte.

La « com » a été rajeunie et dopée, les costumes relookés et l’émotion est grande quand un rôle se transmet… Car le Mystère de Reine, c’est aussi le mystère de cet héritage des rôles qui se transmettent comme les flambeaux qui illuminent le village lors du défilé historique.

Le Mystère de Reine alimente les envies, ravivent les mémoires et se faufilant entre les rangées de spectateurs (plus de 600 cette année) on entend, à droite ou bien à gauche des pans entiers de tragédie qui se murmure en même temps que les répliques des acteurs comme un héritage précieux, une litanie qui n’est celle des saints mais de l’amour d’un village pour cette belle tradition.

Dans les rangs, sous l’embrasement des Roches, on put voir des séminaristes en soutane, une élue incognito émue, des bébés au bras, une madame le maire heureuse et confiante, un Monseigneur, celui de Dijon, fier de célébrer un office auprès de monsieur le curé de la paroisse et de son vicaire.

Le Mystère reste entier de cette vivacité dans la émoire des alisiens mais que longue vie lui soit donnée !

 

 

 

Crédit photos Marie Quiquemelle

 

mariequiqueme@gmail.com

 

 

 

 

 

 

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