Aignay-le-Duc dans le vent des girouettes !

Aignay-le-Duc dans le vent des girouettes !

Contact :

Association des Amis du Canton
d'Aignay-le-Duc
Mairie
21510 Aignay-le-Duc 
Téléphone 03 80 93 82 14  


16 août 2017

Aignay-le-Duc, si vous ne connaissez pas c’est bien dommage ! Après avoir négocié à 30 à l’heure les épingles à cheveux qui descendent du plateau, on arrive dans un village à l’architecture rurale typiquement châtillonnaise. Un village, une église au clocher tors du 13ème, un retable renaissance réputé, une nécropole mérovingienne ou encore la Coquille qui s’alanguit en passant sous le pont non loin de sa source. Un beau patrimoine sur lequel veillent les Amis d’Aignay-le-Duc et des alentours. Et forcément, comme dans tous les villages, il y a des girouettes pour orner toits et faitières des maisons de pierres.

Géniale la transition ! Ladite association a eu une idée amusante et vraiment dans le vent, exposer ces Girouettes Messagères des Toits, comme un clin d’œil au vent qui tourne souvent ici. Les girouettes ce sont autant d’histoires racontées par le propriétaire d’une collection unique, Marcel Suhard.  Une sélection de 70 girouettes de toits patrimoniales allant du XIVème siècle aux années 70, ce n’était pas du vent et il fallait tendre l’oreille, car Monsieur Suhard, Marcel de son petit nom, ne perd jamais le nord ni le fil quand il est lancé sur son sujet.

D’abord, la girouette, celle des toits ne retourne jamais sa veste. Et vous allez devenir incollable sur le sujet, mais oui mais oui ! La girouette est un dispositif métallique, la plupart du temps installé sur un toit, constitué d'un élément rotatif monté sur un axe vertical fixe. Sa fonction est de montrer la provenance du vent ainsi que, contrairement à la manche à air, son origine cardinale (vous savez les 4 points… et non pas la mire et la robe grenat). Comment c’est possible ? Sa structure asymétrique, généralement matérialisée par une flèche ou un coq, dont la pointe ou la tête plus courts que les éléments indicateurs (le corps), pointent vers la source du vent portant sur l'élément directeur de l'ouvrage. L'axe fixe est généralement pourvu d'une croix directionnelle indiquant les quatre points cardinaux. Bon, vous voyez c’est du sérieux et j’ai bien écouté le cours !

Mais dans l’histoire des girouettes, il y a autant de motifs que d’histoires de toits, quel émoi ! Les girouettes, celles des toits, ne datent pas d’hier ni même d’avant-hier, non, les grecs antiques avaient déjà sévi sur ce coup-là. En France, il semblerait, et je ne ferai pas la chauvine, qu’elles soient arrivées avec mes ancêtres les Vikings (si si si et jusqu’à l’étymologie du mot pour le prouver) pour coloniser les toits depuis le Moyen-Âge.

A l'époque, leur possession relevait du droit seigneurial, réservé à la noblesse et à l'église (et bien oui... elle était partout) et leurs formes rappelaient essentiellement blasons et armoiries des occupants du lieu. L'église ayant, pour sa part, opté au 9ème siècle pour le coq. Ah oui mais pourquoi ? Tous à vos missels… C’est le pape Nicolas 1er  qui fit orner les clochers des cathédrales et des églises pour rappeler aux chrétiens la phrase de Jésus à Pierre « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois » ! Une histoire de girouette et de veste en quelque sorte…

Vint la Renaissance et un drôle de bonhomme aux idées saugrenues, Léonard de Vinci, qui voulant savoir d'où venait le vent, inventa le premier instrument de météorologie : La girouette, mobile sur un axe ! Ah oui je sais c’est bluffant.

C'est à partir du 17ème siècle que le droit de girouette s'est étendu, avec la possibilité pour les bourgeois de l'acheter. Un privilège qui flancha avec la Révolution, celle de 1789 qui opta pour la suppression totale de ces symboles du pouvoir en place… Mais, abolition des privilèges oblige, si les girouettes ont largement subi la colère des révolutionnaires elles furent bien vite réhabilitées sous des formes plus populaires. La girouette cessa, alors, d'être le symbole exclusif du clergé et de la noblesse… et vlan… Elle vient orner les riches demeures, puis celles des artisans, des paysans et du « menu peuple » qui l'adoptèrent. La girouette devient alors un signe social. Chacun voulant en orner sa maison, indiquer son métier, son rang dans la société, ses goûts, ses craintes.

Quoi qu'il en soit, au-delà d'un indicateur météorologique, la girouette aura largement été un outil de communication, en affichant tout d'abord le rang social, puis avec sa vulgarisation dans le milieu populaire, la profession, les loisirs, les rêves ou les craintes de leurs propriétaires.

La girouette a bien sûr un rôle fonctionnel (oui ça vous le savez déjà) ; nous faire connaître la variation des vents. Elle est aussi une enseigne, avertissant le voyageur qui la découvrait de loin, de la profession de l'occupant de la maison. Un cheval cabré indiquant un relais, un bœuf la maison d'un éleveur, un moulin le meunier. Elle retrace l'activité des villages, de ses habitants et de leurs petites histoires, le laboureur et son attelage, le chasseur et son chien, le vendangeur et son panier, sont des thèmes fréquents mais aussi, et plus typique encore, elle met en image la gabare du marinier ou l'attelage avec chevaux et belles voitures. Les auberges pouvaient être signalées par de joyeuses beuveries finement représentées. Mais les girouettes étaient aussi placées à des fins protectrices ou conjuratoires, le vent puissant faisant naître dans l'imagination populaire des légendes entretenues par tradition orale. Et si celle de votre voisin est criblé de trous, c’est qu’un chasseur maladroit a raté un lapin (oui je sais le lapin ça ne vole pas mais c’est l’histoire qui le dit alors…)

Revenons à notre sympathique Marcel et à son épouse Huguette qui recensent sans relâche ces drôles de messagères depuis 1991 et ont ainsi collecté plus de1200 photos, Huguette et Marcel Suhard se sont lancés dans une collection qui regroupe aujourd'hui plus de 450 pièces venues de toute la France.

L'Association, quant à elle, a pour but de préserver les sites et l'environnement d'Aignay-le-Duc et alentours, ainsi que son patrimoine naturel, archéologique et historique. Elle inventorie les éléments architecturaux, artistiques, folkloriques et naturels de ce patrimoine, réunit la documentation existante sur ces sujets, fait connaître ses travaux à ses membres et au public par tous les moyens appropriés… bulletins, articles de presse, communications… et intervient auprès des autorités compétentes pour les informer, donner son avis sur les problèmes concernant les objectifs ci-dessus et contribuer au développement harmonieux du canton.

Aignay-le-Duc, c’est aussi le Parc National de Champagne Bourgogne et un GIP très présent pour aller au-devant des interrogations, animer les manifestations, expliquer et rassurer face à un projet qui, finalement n’effraie plus que quelques irréductibles gaulois (ah mince non c’est pas ça nous sommes en pays Lingons). Une action toute pédagogique fut celle, lors de cette jolie et distrayante exposition décidément très dans le vent, de créer un mur messager des habitants… OUI je suis pour le Parc National et pourquoi je le suis… et il y eut de belles maximes (dont la mienne) sur des photos illustrant de magnifique territoire.

Le GIP a également pris en charge les tirages résultant d’un super concours photos sur les Girouettes Messagères des Toits en Pays Châtillonnais, étendu au périmètre du futur Parc National des forêts de Champagne et Bourgogne, côté Haute-Marne. Et puis un jeu très instructif sur le thème de connaissez-vous votre territoire avec un guide pour trouver les réponses… S’évader en Côte d’Or 2016, une surprise inattendue mais qui fit des adeptes de tous âges !

Un joli message et une pratique de bon voisinage, n’est-il pas ?

Crédit photos Marie Quiquemelle
mariequiquemelle@gmail.com

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