Ouverture d'un musée-opéra de la Vénerie

Ouverture d'un musée-opéra de la Vénerie

Contact :

ABBAYE-MUSÉE
Inès et Michel Monot
Abbaye du Val des Choues
21290 ESSAROIS
tél. 03 80 81 01 09
contact@abbayeduvaldeschoues.com
 www.abbayeduvaldeschoues.com


19 avril 2017

Situé à une heure de Dijon dans la forêt de Châtillon-sur-Seine, le musée opéra de l’abbaye du Val des Choues en Haute-Bourgogne est une initiative exceptionnelle rassemblant des mondes qui trop souvent s’ignorent. À côté de la valorisation de la qualité poétique et patrimoniale du site de l’abbaye, il vise à souligner le rôle de celle-ci comme acteur vivant de la vénerie, abritant l’Équipage Piqu’avant-Bourgogne, sa meute et ses écuries.

Son parcours muséographique, respectueux des grandes traditions de présentation (trophées, tenues de chasse ou séries d’objets), a aussi l’ambition de proposer un nouveau regard sur la chasse à courre en la replaçant au cœur de la nature. Pour ce faire, le projet sollicite des contributions d’artistes contemporains de haut vol (Pierre Even, Gloria Friedman, Eric Poitevin, Loïc Raguenes) qui habituellement mobilisent dans leur travail le domaine de l’animalité. Leurs interventions sont ainsi pensées en empathie avec les riches collections ayant trait à l’univers de la vénerie que conserve le Musée.

 

Un haut lieu de la chasse à courre

La chasse à courre est une pièce de théâtre où l’homme ne tient pas le rôle principal. Basée sur un récit dont les racines narratives plongent dans la réalité existentielle de la nature sauvage, elle se déploie dans toutes les dimensions de l’histoire humaine. Il y est question de la domestication des animaux (chiens et chevaux) et de l’organisation d’une société aux rituels ou personnages bien définis.
L’équipage Piqu’avant-Bourgogne, ses chenils et ses écuries ont pour cadre, depuis 1963, l’abbaye du Val des Choues. Il chasse le sanglier. Quand un équipage découple dans la voie du sanglier, on le nomme vautrait.

 

musée opéra de l’abbaye du Val des Choues

 

 

L’art contemporain, fil rouge du projet

La muséographie ne se contente pas d’un parcours didactique autour de la vénerie. Son ambition : solliciter des contributions d’artistes contemporains, qui mobilisent dans leur travail les domaines de la chasse à courre, de la nature, de l’animalité, de la taxidermie...

L’ACTION NOUVEAUX COMMANDITAIRES
Les artistes qui ont investi les lieux, afin d’offrir au visiteur un autre regard, une interprétation contemporaine de la chasse à courre, l’ont fait dans le cadre de commandes de l’action Nouveaux commanditaires initiée par la Fondation de France. Elle permet à des citoyens, confrontés à des enjeux de société ou de développement de territoire, d’associer des artistes contemporains à leur préoccupation par le biais d’une commande. Son originalité repose sur une conjonction nouvelle entre trois acteurs privilégiés : l’artiste, le citoyen commanditaire et le médiateur agréé par la Fondation de France, accompagnés des partenaires publics et privés réunis autour du projet.

abbaye du Val des ChouesMichel Monot (de dos) propriétaire du Val des Choues, Xavier Douroux (médiateur agréé de la Fondation de France) et l’artiste Pierre Even en repérage au chenil de l’abbaye.

 

Une mise en scène lyrique

Permettre la compréhension profonde de ce qui, au-delà du ressort de la simple dramaturgie, est une fabulation de notre lien au monde, méritait une scénographie de l’équivalence des choses et des êtres, animaux et humains mêlés. Une présentation où il est question des connaissances tirées de l’expérience, comme des savoir-faire transmis par l’apprentissage : salles de la tentation des trophées, des échos, du silence, de l’hallali, atelier du tailleur et opéra de la nature, sont autant de moments de vibrer à l’unisson de ceux qui jour après jour font vivre avec passion l’abbaye et son équipage.

abbaye du Val des Choues© B. Manières

 

Une histoire ancienne…

Fondée au XIIe siècle (en 1184), l’abbaye du Val des Choues fut longtemps le chef de l’Ordre des Valdesclusiens regroupant 29 abbayes dans l’Europe du Moyen âge, tant en France, en Écosse qu’au Portugal. L’abbaye est partiellement détruite à la Révolution puis complètement abandonnée.

Abbaye du Val des Choues© agence les Pistoleros

 

UNE MUSÉOGRAPHIE EN 6 TEMPS

 

SALLE 1 LA TENTATION DU TROPHÉE

abbaye du Val des Choues
Au centre de la pièce, la remarquable composition du cerf et des 4 loups rappelle les origines de la chasse à courre. La chasse à courre, ou vénerie, est directement inspirée de la vie sauvage. Comme celle des chiens aujourd’hui, la meute des loups épuise l’animal chassé. Les loups – prédateurs emblématiques – poursuivent le cerf – gibier symbolique –, animal couronné de la forêt. Rien ne vient perturber cette lutte ancestrale à l’issue aléatoire : survie du cerf et de son espèce jusqu’à la prochaine attaque, survie des loups qui dévorent leur proie. © B. Manières

 

 

SALLE 2 LA COLLECTION DES CARTES POSTALES

abbaye du Val des ChouesAbbaye du Val des Choues

Une borne interactive présente près de 1200 photographies de chasse à courre datant de l’âge d’or de la carte postale, au début du XXe siècle. Véritable imagerie populaire, très à la mode dès l’apparition de la photographie, les cartes postales vont saisir en noir et blanc l’instantané de tous les loisirs – dont la vénerie – dès la fin du XIXe siècle. Cette collection détaille des différences sociales affichées (costumes, chapeaux, véhicules). Dans une France à forte prédominance rurale, la vénerie permet en effet à la population paysanne proche des forêts de suivre les “laisser-courre” organisés par la grande bourgeoisie citadine, arrivée dans leur propriété en voitures automobiles ou par le chemin de fer.  
© B. Manières

 

 

SALLE 3 SALLE DES ÉCHOS

abbaye du Val des Choues
Abbaye du Val des ChouesAbbaye du Val des Choues
Le mobilier central expose une collection de trompes de chasse : trompes Dampierre, Dauphine, d’Orléans et Maricourt. La forme de chacun de ces modèles est directement liée aux usages et aux pratiques de la chasse à courre qui ont évolué avec le temps. Un dispositif permet de faire sonner 8 fanfares correspondant chacune à des circonstances de la chasse, à des animaux, à un équipage ou à une personnalité à qui elle rend honneur. © B. Manières

 

SALLE 4 L’ATELIER DU TAILLEUR

abbaye du Val des Choues
Abbaye du Val des ChouesAbbaye du Val des ChouesAbbaye du Val des Choues

Les tenues de vénerie sont aux équipages de chasse à courre ce que les drapeaux sont aux nations. Elles sont directement inspirées de celles portées sous l’Ancien Régime et de son goût pour l’élégance. Louis XIV a créé la première tenue de vénerie : l’habit bleu, galonné, avec collet et parements cramoisis. Cette tenue restera jusqu’en 1830 celle des équipages royaux. La couleur du drap de cuir utilisé, celle du velours des parements, la présence d’un galon sont autant de signes distinctifs pour chaque équipage. La culotte d’équitation, les coiffes de cavalier, gants, bottes et cravates sont des éléments complémentaires nécessaires à la pratique de la chasse à courre, à pied (petite vénerie) ou à cheval (grande vénerie). © B. Manières

 

 

SALLE 5 SALLE DU SILENCE


Abbaye du Val des Choues

La pièce est située juste au-dessus de celle de même proportion où trônent les trompes de chasse.
Au lieu d’être concave comme en bas, le voûtement est convexe et l’écho cède la place au silence. D’où l’idée d’une partition visuelle confiée à Éric Poitevin qui depuis le tout début des années quatre-vingt bannit tout bavardage dans ses photographies. Placée sur une cimaise autonome, exposée de manière permanente, la “présence” essentielle du cerf en constitue la ligne mélodique constante. 
© B. Manières

 

SALLE 6 SALLE DE L’HALLALI

abbaye du Val des Chouesabbaye du Val des Choues
La salle de l’hallali croise les collections de couteaux et de boutons de vénerie avec des oeuvres d’artistes d’aujourd’hui. En 2016 a été commandée une série d’images de quelques-uns des chiens de la meute du Val des Choues. Dans le sens de la visite, Germinal, Écluse, Gérondif, Goéland, Grimaud, Hurlevent et Jaguar, ont ainsi été immortalisés par le portraitiste Pierre Even dont le travail photographique s’est un temps plutôt intéressé à l’univers de la mode. Un ensemble unique et précisément situé qui s’inscrit dans la noble tradition des tableaux figurant les chiens favoris de Louis XIV et ceux de Louis XV par Alexandre-François Desportes et Jean-Baptiste Oudry. © B. Manières

 

 

 

musée opéra de l’abbaye du Val des Choues

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