François Rebsamen : « La Métropole est une chance ! »

03 mars 2017

Avant la très probable adoption par le conseil communautaire du Grand Dijon du processus de transformation de ce dernier en Métropole, son Président François Rebsamen a répondu aux questions de l’Écho des communes. Aux réticents qui doutent de la pertinence d’un tel projet et de la capacité de la future Métropole d’assurer un rôle de locomotive pour la Côte d’Or, il oppose un démenti cinglant. Et croit au contraire grâce à celle-ci à un avenir rayonnant de la Bourgogne au centre d’un triangle Paris-Lyon-Strasbourg à condition de mettre en œuvre des synergies efficaces.

 

Commençons par l’actualité. Quelques heures avant notre rencontre (1), l’Écho des Communes publiait un entretien avec Gilbert Menut (maire de Talant et conseiller communautaire de la communauté urbaine du Grand Dijon, ndlr) où il dénonce une « métropole de papier », à laquelle il dénie un quelconque rôle moteur pour les communes de l’agglomération dijonnaise. Il se demande aussi comment la future Métropole aura les moyens de faire face aux nouvelles compétences qui seront les siennes. Que lui répondez-vous ?

François Rebsamen. Au-delà du cas particulier de Talant et de Gilbert Menut, je rappelle qu’il n’y a pas de divergence entre le travail que nous avons accompli jusque-là au sein de la Communauté urbaine, qui a participé au développement de toutes les communes, et la future Métropole. Je rappelle d’ailleurs que Gilbert Menut en a été un acteur pendant près de 14 ans lorsqu’il était vice-président,

Dire que la Communauté urbaine n’est pas d’utilité pour le reste du territoire est facile à démentir : elle traite par exemple les ordures ménagères de 380 000 habitants de la Côte d’Or. Lorsque le centre d’enfouissement de Semur-en-Auxois sera saturé, nous accueillerons les ordures ménagères qui y sont traitées. Lorsque des médecins du CHU assurent des consultations dans les hôpitaux locaux, lorsque l’Université permet aux jeunes du département de poursuivre des études supérieures, qui niera la Communauté urbaine est utile à la Côte d’Or ? Nous poursuivrons cette coopération en construisant des alliances de territoires avec les communautés de communes autour de la Métropole.

Contrairement à ce qui est dit, devenir Métropole n'est à aucun moment un processus d'intégration communale plus fort que lors du passage en Communauté urbaine, autrement dit il n'y a pas de compétence communale nouvelle qui basculerait aujourd'hui dans le giron du Grand Dijon. La Métropole, c'est une vocation supplémentaire, celle de se tourner vers l’extérieur pour devenir un levier de développement territorial et rayonner au-delà du territoire.

Comment s’y prendre ?

En travaillant avec nos partenaires naturels, à commencer par le Conseil départemental. Un accord doit être trouvé sur le transfert de trois compétences, hors collèges, sinon ce seront huit compétences qui seront transférées du Département à la Métropole. Sur l’aire urbaine qui représente environ 50 % de la population de Côte d’Or, il est normal que la Métropole dispose de plus de compétences dans le domaine social.

Notre deuxième partenaire est la Région Bourgogne, avec lequel nous nous engagerons au travers du Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) dans le cadre des compétences de la Métropole en matière de développement économique (2). Nous pourrons également mobiliser des fonds européens au travers de cet engagement par le SRDEII. Nous avons 137 000 emplois sur l’actuelle agglomération dijonnaise dont 100 000 emplois privés : on voit immédiatement l’enjeu.

Notre troisième partenaire est l’État. Après une première enveloppe de 150 millions d’euros pour la création des premières 15 métropoles (Pacte État-Métropoles du 6 juillet dernier, ndlr), une deuxième enveloppe de 70 millions d’euros pour sept nouvelles métropoles dont Dijon sera débloquée au service de l’innovation et du développement économique. J'étais aux côtés du Premier Ministre, avec tous les présidents des Métropoles de France, quand il a fait cette annonce mercredi dernier.

Au-delà des alliances de territoires dont j’ai déjà parlé, je vois aussi dans la Métropole l’opportunité de bâtir un contrat métropolitain avec Chalon, Le Creusot et Mâcon afin par exemple d’être présents lors de salons nationaux et internationaux. Et avec la Franche-Comté, pour construire un arc de développement économique Belfort/Dijon/Besançon.

Dans ces coopérations, quelle place reste-t-il pour une structure comme le Conseil départemental ? Quelle est la place également de l’hyper-ruralité ?

Un Conseil départemental est utile lorsque le fait urbain n’est pas fortement marqué : il a alors une vraie responsabilité de solidarité. La Côte d’Or possède des zones d’extrême-ruralité, avec des territoires à 5,5 habitants au km². C’est au Conseil départemental à mon sens, de conforter les pôles d’appui que sont par exemple les communautés de communes. Je suis pour une alliance des territoires sur la zone d’influence autour de la Métropole, mais je ne me sens pas en charge du développement des solidarités, par exemple, entre Châtillon-sur-Seine et Montbard ! C’est alors au Conseil départemental de favoriser ce type de coopération, de revitaliser le tissu commercial, favoriser les lieux de convivialité... Mais opposer la Métropole et le reste du département n’a pas de sens. François Patriat avait une formule très juste : « ce n’est pas parce l’on a une capitale pauvre que le reste du département s’en trouve plus riche ». Au contraire, s’il n’y a pas de fait urbain, c’est là qu’un département s’enfonce. La Métropole est une chance pour la Côte d’Or.

Concernant le rayonnement de la future Métropole, quel champ sémantique souhaiteriez-vous voir lui voir associé ?

Celui de l’alliance entre l'histoire et la modernité, entre le patrimoine et l’innovation. Elle est unique par son histoire, par son patrimoine avec le 2e secteur sauvegardé de France, sa gastronomie, ses vins… Mais nous avons également : AgrOnov à Bretenière (pôle d'innovation en agroécologie, ndlr), Vitagora (pôle de compétitivité agroalimentaire, ndlr), Oncodesign... Une commission travaille actuellement sur la signature et le marketing de la future métropole qui reprendra ces deux thématiques.

 

(1) Elle a eu lieu le jeudi 02/03 en fin d’après-midi, NDLR

(2) Selon l’article L5217-1 du code général des collectivités territoriales, une métropole est un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) qui regroupe plusieurs communes "d’un seul tenant et sans enclave" qui s’associent au sein d’"un espace de solidarité pour élaborer et conduire ensemble un projet d’aménagement et de développement économique, écologique, éducatif, culturel et social de leur territoire afin d’en améliorer la compétitivité et la cohésion".

 

Rédaction
Emmanuelle de Jesus
Agence ProScriptum 
03 80 75 87 37 - proscriptum.presse@gmail.com
Route de Charmoy 21580 AVOT

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