En 2017, François Rebsamen veut accroître le rayonnement de Dijon.

09 janvier 2017

Devant un public venu nombreux, François Rebsamen a formulé le voeu que cette nouvelle année conduise les citoyens du monde à s'interroger sur les vraies valeurs, et à leur donner sens. Ces voeux fûrent aussi pour le maire de Dijon, l'occasion de faire le bilan d'une année riche en initiatives et consécrations pour la ville. 

Symbole de la mutation engagée depuis 2001, un écran géant avec la photo de la place de la libération rénovée servait de fond de scène. 

Il a servi aussi pour la projection d'une animation présentant l'histoire de la viticulture à Dijon.

 Voeux de François Rebsamen, Maire de Dijon, Président du Grand Dijon

 

Voeux de François Rebsamen, Maire de Dijon, Président du Grand Dijon

 

"L'année 2016 fut celle du souvenir d'une période parmi les plus dramatiques que la France ait connue. Elle fut une année tragique pour notre pays. Une année durant laquelle il nous a été rappelé aujourd'hui encore, après les événements horribles du 14 juillet à Nice, que nous pouvons mourir pour ce que nous sommes ou pour les valeurs auxquelles nous croyons. Quelque chose a changé aussi le 19 décembre en Europe parce que l’Allemagne se retrouve victime à son tour d'une attaque terroriste majeure. C'est une guerre que le terrorisme nous a déclaré, pas seulement à l'Europe, mais au monde et à ses valeurs universelles. Dans ce combat, nous pouvons compter sur nos militaires, engagés sur des opérations difficiles, en Syrie, en Irak, au Sahel. Nous pouvons compter sur nos policiers, nos gendarmes, en lien avec la justice, qui se comportent de façon admirable pour mettre hors d'état de nuire les terroristes. Je leur exprime notre soutien, notre confiance et notre reconnaissance pour la mission exigeante, difficile qu'ils remplissent avec dévouement et professionnalisme.

 

À cet instant je voudrais revenir sur un fait majeur pour Dijon, pour notre communauté du Grand Dijon et aussi pour notre département de Côte d’Or : l'ouverture (je dirai à Dijon pour faire court et cela sans porter atteinte à Longvic dont je salue le maire) d’une nouvelle école de la gendarmerie nationale qui devient un site de référence pour la formation aux métiers de la sécurité. Sa création s'inscrit dans le cadre de la volonté de l'Etat, de renforcer notre sécurité nationale face aux menaces terroristes. Elle a été motivée par le besoin impératif de disposer de capacités de formation supplémentaire. La Base aérienne 102 n’a donc pas laissé de place vide. C'était pour moi non seulement une condition, mais une exigence. Je suis fier d'avoir obtenu la création de cette nouvelle école et son implantation sur le site de la BA 102. Je m’y suis employé de toutes mes forces lorsque j’étais ministre auprès du Général Favier, directeur général de la gendarmerie auprès du ministre de l’Intérieur et auprès du Président Hollande. Ca n’a pas été chose facile car il faut savoir que c’est la 1ère ouverture d’une école de ce type depuis celle de Châteaulin en 1999 alors même que 4 écoles ont été fermées en 2009 et 2010.

C’est pour moi une grande fierté d’y être parvenu, qui me permet de renouer les fils du passé à la fois avec mon prédécesseur Robert Poujade qui était lorsqu’il était député-maire rapporteur du budget de la gendarmerie nationale, mais aussi avec l’histoire militaire de notre ville.

C’est un fait reconnu : nous avons réussi la reconversion du site et nous l’avons célébrée le 25 novembre dernier en présence du Ministre de l’intérieur. Lors de l’inauguration, Bernard Cazeneuve, a annoncé la création du Centre national de sécurité publique (CNSP) dès le second semestre de l’année 2017. Un centre qui sera dédié à la gendarmerie départementale et notamment aux militaires des brigades territoriales, et qui a vocation à devenir une référence dans la sécurité publique pour les gendarmes de toute la France. Plus encore, il s’inscrira dans une démarche partenariale entre les polices municipales, la sécurité privée et les acteurs de la coopération internationale. La sécurité des Français ne peut se contenter de déclarations d’intention. Elle exige du concret. Et c’est ce qui nous rassemble, avec cette nouvelle Ecole de Gendarmerie de Dijon.

D’une base aérienne légendaire, ce lieu deviendra demain l’excellence du domaine de la sécurité publique et continuera de faire l’honneur de notre territoire.

Je salue le colonel Kim, partenaire important dans cette affaire et le colonel François qui dirige cette école.

Il est légitime, sain et nécessaire que le débat politique porte sur les attentats et la sécurité des Français en général. Il est inévitable, sinon normal, que les perspectives électorales de 2017 pèsent sur la qualité des échanges. Mais il y a des surenchères à éviter, des accusations à ne pas porter à la légère. Après Nice, on n'y a pas toujours échappé ; hélas ! Notre pays doit éviter les polémiques, les amalgames, les suspicions. C'est d'ailleurs l'objectif que poursuivent les assassins de Daech. Massacrer pour faire peur d'abord, en s'attaquant à tous les symboles possibles : hier la presse, les juifs, la police, la fête nationale et l'église. Jeter le poison de la discorde dans la population ensuite : religieux contre laïques, musulmans contre chrétiens, banlieues contre centres-villes, gauche contre droite, peuple contre élites. Faire vaciller nos institutions enfin pour faire plonger le pays dans le chaos ou la guerre civile. C'est pourquoi, il nous faut tenir et résister ensemble. Il n’existe aucune dérogation quand notre patrie est touchée, car c’est le respect et l’unité qui doivent s’imposer.

Le rassemblement de tous est une exigence pour défendre la République.

Il y a une France capable du meilleur, ouverte, active et il y a une France du repli, du refus et de la peur et le plus grand danger qui guette notre démocratie serait de voir ces deux France s'écarter l'une de l'autre. Tout est dans la ligne de partage et d'équilibre entre la reconnaissance de la diversité française et l'exigence d'unité française. Nous ne voulons pas que la France dérive vers le protectionnisme et la fermeture au monde. Notre vision de la société française repose sur l'acceptation d'une certaine diversité. La France est diverse, elle l'a toujours été et elle l'est aujourd'hui. Mais diversité culturelle ne veut pas dire communautarisme ! Nous devons combattre le communautarisme qui est l'enfermement de chaque communauté sur elle-même. La France, ce n'est pas le nationalisme obscur, le repli sur soi. C'est au contraire la lumière de l'universel. Oui, je vous le dis, nous devons toujours penser qu'un peuple peut se relever, que ce qui a été possible au lendemain de la seconde guerre mondiale -reconstruire le pays, le redresser- doit l'être encore aujourd'hui. Ne tombons pas dans le « politiquement correct » du déclinisme qui consiste à dire que c'était mieux avant et qu'aujourd'hui tout s'effondre. Je crois que notre pays a des ressources fortes en lui-même, en dépit de ses interrogations sur son avenir et son identité, qu'il peut repartir de l'avant. Déclarons la guerre au French bashing, ce dénigrement systématique qui est devenu sport national.

La France est respectée dans le Monde.

La France est reconnue pour les valeurs qu’elle porte.

La France est crainte par la force et la puissance dont elle peut faire preuve.

La France est admirée pour sa qualité de vie. C’est cela la vérité.

Aussi, je vous invite à défier les fatalités, les pronostics, les idées reçues qui voudraient que notre pays soit incapable de se réformer et de se redresser. Oui, j'ai confiance. J'ai confiance dans la société française, dans ses capacités, dans sa lucidité, dans sa volonté d'être un grand peuple qui est apte à avoir un grand avenir. Rien n'est inaccessible à la France telle qu'elle est, même avec ses handicaps, même avec ses difficultés. Rien n'est inaccessible à un peuple lucide, conscient de lui-même et confiant dans son propre destin.

Notre pays connaît, certes, une crise de confiance générale des citoyens à l’égard du politique. C'est d’ailleurs un sondage très inquiétant qu'a fait paraître le journal Le Monde : l'attachement des Français à la démocratie baisse. Et de façon significative. Selon une enquête menée par l'institut Ipsos, seuls les deux tiers de la population en âge de voter considèrent que la démocratie est le meilleur système possible. Ils étaient trois quarts en 2014. Mais il y a beaucoup plus inquiétant : près d'un français sur cinq ne cache plus désormais sa préférence pour un régime autoritaire. Autoritaire, oui, vous avez bien entendu !

Faut-il être à ce point désespéré, avoir la mémoire courte ou être sourd aux désordres du monde ? Il suffit d'ouvrir les yeux, tout près de nous, pour se rendre compte de la réalité. Aux portes de l'Europe, la Turquie, qui accorda le droit de vote à ses citoyennes avant la France jette aujourd'hui opposants et journalistes en prison, tandis que, au sein même de l'union, la Hongrie, la Pologne, et demain qui sait ?... Nous l'avons vu avec le Brexit, aucun pays n'est à l'abri d'une réaction de rejet aussi profonde que puissante. Et surtout pas la France.

 

C’est pourquoi, il est réconfortant pour nous de constater que malgré la défiance croissante d'un trop grand nombre, le maire, le conseil municipal, la commune restent la seule entité constitutionnelle qui inspire majoritairement confiance. Bien sûr, on peut attribuer ce jugement favorable aux liens de proximité qui existent entre la commune et ses habitants, entre vous qui les représentez ce soir et nous élus locaux. Mais, j'y vois également une appréciation positive portée sur l'équipe que je conduis, que ce soit à Dijon ou au Grand Dijon. N’en déplaise à certains, nous faisons du bon travail, et les Dijonnais le savent. Dijon est une ville dynamique qui bouge, qui se transforme.

En ce début d’année encore le magazine l’Express classe notre ville comme la 1ère ville du Nord de la France où il fait bon vivre, dotée de bons lycées et d’une grande université, avec une très bonne offre de services où la délinquance est faible devant Nancy, Boulogne sur mer et Strasbourg et Dijon en 2ème position juste derrière Lille pour l’endroit où se créent beaucoup d’emplois, où le chômage est relativement faible, où les jeunes sont biens formés et insérés et qui offrent des postes dans tous les secteurs d’activité devant Strasbourg et Nancy.

D’ailleurs il n’y a qu’à constater les appréciations flatteuses que portent nos visiteurs.

Pour ma part je veux le dire devant bous clairement avec le recul, autant le choix de quitter le ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social me fut douloureux en raison du décès de mon ami Alain Millot, autant je suis fier d’être le seul ministre de la Vème République à avoir fait ce choix.

Si les Français expriment un sentiment général négatif envers les responsables politiques, ils accordent malgré tout plus de crédit et de légitimité aux responsables et institutions locales. Oui, le maire et la commune apparaissent comme des valeurs refuges. Ils sont des points de repère importants pour les habitants, notamment les plus fragiles. Ils assurent une fonction essentielle de proximité et de cohésion sociale. Certes, nos collectivités doivent s'adapter à la fois à la crise et à l'évolution de la société, mais elles sont irremplaçables parce qu'elles garantissent la présence publique de proximité partout. Et la proximité est une notion d'avenir. Elle contribue largement à faire du mandat de maire le plus beau des mandats. C'est celui du faire, du concret, du réel, mais cela n'empêche pas d'avoir aussi une vision et de nourrir cette vision ensemble. Nous devons faire preuve d'inventivité, d'imagination, d'audace, de pragmatisme. Mais, il est vrai que nous avons besoin aussi de moyens pour faire fonctionner un service public de qualité et de proximité.

A cet égard je veux dire ici combien je crois que le grand mouvement de décentralisation lancé par François Mitterrand, Pierre Mauroy et Gaston Deferre en 1982 n’est pas achevé. Il est indispensable de le poursuivre en donnant aux villes et aux régions plus d’autonomie, plus de pouvoirs et plus de responsabilités et en demandant à l’Etat de se recentrer sur ses fonctions régaliennes.

Les services publics locaux sont assurés, sous notre responsabilité d’élus, par des fonctionnaires et des agents publics qu’il est de bon ton de stigmatiser dans certains milieux. Mais n’oublions pas que c’est notre patrimoine commun, à nous tous. Le service public doit être sauvegardé. La période de crise que nous traversons depuis trop longtemps, les drames et les attentats ont démontré que les fonctionnaires sont utiles et même indispensables. Le niveau et la qualité de service public que nous connaissons en France, et que beaucoup nous envient, doivent certes s’accommoder d’adaptations, d’améliorations, mais pas de rupture brutale. Nos collectivités le savent bien, elles qui ont déjà fourni un effort important pour participer à la baisse des dépenses publiques. Elles ne pourront pas supporter davantage : c’est –je crois- l’attente de la quasi-totalité des élus et de leurs associations.

Le sérieux budgétaire n'est pas incompatible avec le développement. Plus d'un milliard d'euros ont été injectés dans l'économie locale ces 15 dernières années pour doter l'agglomération de grands équipements ; la construction de centaines de logements chaque année, la création de foncier supplémentaire, 400 hectares au total pour accueillir les entreprises. Je veux le redire ce soir, nous avons fait à Dijon et au Grand Dijon, le choix de l'investissement, générateur d'activité économique et d'emplois durables pour l'avenir de nos territoires.

Je crois que nous sommes tous lucides sur la nécessité absolue qu'il y a à maintenir nos équilibres financiers. Pour faire face, la ville accentue ses efforts de gestion avec une diminution de ses charges de fonctionnement et 0% sur les taux d’imposition 2016 qui permettent de prendre des décisions fortes en faveur du pouvoir d’achat des Dijonnais. En 2016, ce sont ainsi 1,4 million d’euros que le délégataire de l’eau et de l’assainissement, Suez, rend aux habitants du Grand Dijon sur les résultats obtenus au cours des années précédentes.

La Cour des comptes ne s’y est pas trompée en saluant notre bonne gestion. En effet, selon un rapport sur les finances publiques locales publié en octobre 2016, Dijon figure parmi les villes de plus de 100.000 habitants qui ont réduit leurs dépenses de personnel d'au moins 1,1%, mais aussi parmi celles qui ont largement contribué à la diminution des achats de biens et de services en 2015 (-10%). Cette stratégie de développement maîtrisé porte ses fruits si j'en juge par le taux de chômage de notre bassin d'emploi qui était de 8,4% (au 2e trimestre 2016), un taux bien inférieur à la moyenne nationale (10%).

Avec une population en croissance continue, nous serons 160 000 à Dijon en 2020 et un bassin d'emploi de 430 000 personnes, le Grand Dijon est devenu le 1er janvier 2016 l'une des 13 capitales régionales françaises. Dijon, comme le titrait un article paru dans un magazine national « a tout d'une grande ». C'est pour moi une grande satisfaction. Je l'avais dit en 2001 lors de mon élection : soit Dijon demeure une petite préfecture de province, soit Dijon devient une capitale régionale à vocation européenne. C'est ce qui se passe aujourd'hui grâce à notre action. Mon plus grand bonheur, c'est d'entendre dire : « vous avez rendu aux Dijonnais leur fierté et vous avez changé la ville ». Et d'une certaine façon, la vie aussi, la vie dans la ville.

Le passage à la future métropole est dans la droite ligne de la stratégie ambitieuse que nous portons pour l’agglomération. Il m’a fallu convaincre au plus haut niveau, de l'idée qu'aucune des nouvelles régions ne devait, ne pouvait, rester sans métropole. Il nous fallait pour accompagner cette mutation évoluer également sur le plan institutionnel. Il s'agit pour nous au sein du Grand Dijon, de nous tourner davantage vers nos partenaires que sont le Département, la Région, l'Etat et l'Europe. Dans une première démarche impliquant l’ensemble des élus des 24 communes du Grand Dijon, nous avons élaboré un projet de territoire ambitieux et réaliste. Le « plan local d’urbanisme intercommunal – habitat et déplacements » (PLU-HD) dont les objectifs restent ambitieux pour la période allant jusqu'au 30 décembre 2020, sera l’un des outils de mise en oeuvre de ce projet. Notre but est de poursuivre, de manière optimisée, l’équipement de l’agglomération, de continuer à porter haut ses couleurs, sans jamais oublier les valeurs qui fondent les principes de notre République, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale. Fibre optique, développement touristique, mobilités douces, habitat pour tous, urbanisme à taille humaine…sont quelques-uns des axes de ce projet de territoire que nous avons débattu, lors d’une journée communautaire organisée le 10 septembre, à laquelle avaient été conviés tous les élus de la communauté urbaine.

J’ajouterais que nous avons les infrastructures qui nous placent au niveau d’une métropole. Nous avons sur notre territoire un grand nombre d'entreprises internationales, notamment dans le domaine de la santé et de l'agro-alimentaire. Notre métropole doit pouvoir attirer les grands groupes qui veulent implanter leurs activités de recherche et de développement, leurs quartiers généraux, leurs activités financières, mais aussi leurs sites de production. Elle doit pouvoir attirer les scientifiques et les chercheurs, d'où l'importance d'avoir une communauté universitaire au sens large de plus de 32 000 étudiants à Dijon. Gardons toujours à l’esprit que le rôle d’une métropole est, à travers ses grands projets, à travers ses grandes fonctions urbaines, à travers l'espace cohérent qu’elle forme, de générer du développement économique et de l'attractivité. De 2003 à 2013, le rapport de septembre 2016, « Urban Europe » de la commission européenne nous indique que l'agglomération dijonnaise affiche déjà un des plus forts dynamismes économiques de France, avec une hausse de 19,32% du PIB/hab. C’est une grande satisfaction.

Mais, il est une distinction qui nous honore tout particulièrement et qui place Dijon dans une situation exceptionnelle. Notre secteur sauvegardé, l'un des plus vastes de France avec sa centaine d'hectares, fait partie désormais pleinement du périmètre des Climats du vignoble de Bourgogne, inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité depuis le 4 juillet 2015.

Dijon remplit ainsi de belle manière son rôle de vitrine de la richesse d'un patrimoine que beaucoup nous envient. Comment son maire ne serait-il pas fier de l'image reconnue et enviée de notre ville ? Cette fierté, je souhaite la faire partager à tous les Dijonnais qui éprouvent ce même attachement quasi viscéral à un patrimoine commun d’une exceptionnelle richesse.

Nous devons toujours avoir à l’esprit comment préserver le coeur de la ville sans l'isoler, lui donner vie sans le défigurer, le faire entrer dans une nécessaire modernité tout en lui gardant son identité. Cela implique une grande attention aux exigences du passé et aux nécessités du présent, autant de fidélité et de mémoire, que d'invention et d'esprit créatif. Il faut que cet héritage du passé soit une richesse collective, une fierté renouvelée, mais aussi une source d’élans nouveaux que viendra conforter, à terme, la seconde et dernière tranche des travaux de rénovation du musée des Beaux-arts qui représente un projet phare pour notre ville, et notre belle et grande région.

Nous avons donc à Dijon deux mentions Unesco, une pour le patrimoine, l’autre pour repas gastronomique des Français avec la création de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Ne nous y trompons pas. C’est notamment grâce à la force de frappe que constituent nos entreprises, nos laboratoires publics et privés et nos établissements d’enseignement supérieur, que Dijon a acquis la crédibilité nécessaire à ce projet déterminant pour notre avenir. Il a fallu convaincre l’État que Dijon était l’un des rares territoires en France capables de porter un projet ambitieux. Il a déjà fallu rappeler combien Dijon était le cadre idéal pour un projet à vocation internationale ; un projet majeur sur un terrain où notre ville fait la différence - celui du goût, de la nutrition, de la santé, de la gastronomie, du vin, de l'art de vivre et de la culture - qui renforcera davantage encore notre notoriété et notre attractivité avec une présence attendue de plus en plus importante de visiteurs étrangers. La prestigieuse école de gastronomie Ferrandi a annoncé son implantation dans la future Cité, ce qui prouve la qualité et la dimension internationale de ce projet. Les restaurants, les hôtels, les commerces du coeur de ville en seront les premiers bénéficiaires. Nous avons obtenu le classement de notre centre-ville en zone touristique internationale. Dijon bénéficie, avec ce label, d'un atout supplémentaire favorable à la fréquentation de la ville, à son activité économique et à l'emploi local. Je ne décris pas un monde idéal, mais la réalité de ce qu'est devenue Dijon. Son évolution positive contraste avec ce que l'on observe ici ou là, dans de nombreux centres- villes de France.

Le Trophée du développement économique et du commerce qu'a reçu en mars dernier la Ville est venu récompenser l'ensemble de la politique mise en place depuis 2001 pour un centre- ville plus dynamique, plus attractif et plus apaisé. Les travaux de piétonisation des rues Charrue-Piron, la transformation des places Jean Macé et des Cordeliers ainsi que la rénovation de la rue du Bourg permettent, après le succès des opérations menées ces dernières années rues de la Liberté, des Godrans ou Vauban, d’étendre le plateau piétonnier et de créer un futur grand parcours shopping et patrimoine dans le secteur sud de la ville.

« Dijon connaît une véritable dynamique commerciale ». Ce n'est pas le maire de Dijon qui le dit, mais un grand hebdomadaire national. « La cité des Ducs, je le cite, fait même preuve d'exception dans le paysage économique français, à l'heure où de nombreux territoires déplorent la désertification des centres -villes ». Le commerce connaît, dans toute la France, des difficultés liées à la concurrence des grandes surfaces et d’internet. Les centres -villes souffrent de cette situation. Selon l’étude d’un organisme sérieux (Procos) publiée dans Le Monde, le taux de vacance des locaux commerciaux de Dijon est parmi les plus faibles de France, et notre ville est la seule du Grand Est, avec Strasbourg, à tirer son épingle du jeu. L’enquête de la CCI Côte-d’Or révèle le poids grandissant des pôles commerciaux périphériques, où les surfaces de vente augmentent, entraînant une hausse mécanique des chiffres d’affaires. Mais elle révèle aussi que le commerce de centre-ville, lui, connaît une évolution fondamentale avec le développement des restaurants, des bars et des boutiques à caractère touristique.

Par le passé, souvent les Dijonnais faisaient référence à d'autres villes mythiques. Aujourd'hui, ils ont confiance dans leur ville. Ils considèrent à présent Dijon comme une grande et belle capitale régionale. Ils ont foi dans leur ville. Dijon a retrouvé son dynamisme, dans sa dimension économique, culturelle, patrimoniale et disons- le aussi, festive, à l’image des habits de lumière qu’a revêtus Dijon pendant les animations de Noël, et également sportive avec la montée du DFCO en ligue 1, grâce à laquelle notre ville bénéficie d'une visibilité exceptionnelle dans les médias nationaux.

Dijon possède une belle et riche histoire qui nous fait obligation de prendre la vraie dimension des fonctions qui nous sont confiées. Cette histoire qui nous interdit la médiocrité et nous invite, en permanence, à inventer l'avenir, avec ambition. Il nous revient ensemble de continuer à le faire en projetant sans cesse, notre regard, le plus loin et le plus haut possible pour toujours accroître le rayonnement de Dijon à une échelle sans cesse plus grande.

Je ne vous ferai pas l’inventaire de l’activité très intense que nous menons à l’international avec mon adjointe Sladana Zivkovic, mais je voudrais simplement vous rappeler que Dijon s'est rapprochée, dans le cadre de la coopération européenne, de la République Tchèque. J’ai signé, en mai 2016, une convention de partenariat avec le maire de Prague 6, qui est venu à Dijon pour valoriser et fructifier les échanges tant économiques que culturels qui sont, chacun le sait, une tradition dans notre ville, depuis 1920, date de la création de la section tchèque du lycée Carnot. Puis, j’ai également signé, en novembre 2016, à Dijon, une convention de partenariat avec le maire de la commune de Guimaraes au Portugal.

Dans le cadre de la coopération internationale, j’ai conduit, en octobre dernier, une délégation à Volgograd composée de représentants de l’Université et du monde économique que je salue pour y signer une convention de partenariat dans le but d'y intégrer des axes de développement économique et touristique. J’ai reçu également le même mois une délégation chinoise de la province du Hainan. Partant du constat selon lequel Dijon n'est rapprochée d'aucune ville d'Orient, nous avons voulu aussi nous appuyer sur la richesse partagée que constitue l'inscription au patrimoine mondial de l'Humanité du centre historique de la ville de Chefchaouen pour construire, avec son maire que nous avons accueilli, des orientations de travail.

Voeux de François Rebsamen, Maire de Dijon, Président du Grand DijonVoeux de François Rebsamen, Maire de Dijon, Président du Grand Dijon

Mesdames, Messieurs, je voudrais vous redire notre immense plaisir d'être avec vous ce soir. Nous n'avons pas tous les mêmes opinions, mais nous travaillons ensemble : collectivités publiques, administrations, chambres consulaires, institutions juridictionnelles, organisations et syndicats professionnels, entreprises, associations, société civile. N'oublions jamais, qu'au-delà des appartenances partisanes, ce qui nous rassemble, c'est la République. Nous sommes tous les serviteurs de la République et cette République nous appelle, plus que jamais, à la soutenir, à la défendre, à la promouvoir.

Dans le contexte tragique et douloureux que nous connaissons, l’hymne national et le drapeau tricolore sont des symboles forts de l’unité nationale. Pour le 72e anniversaire de la Libération de Dijon célébré le 11 septembre, nous avons édité et distribué un petit livret rappelant l’histoire et le texte de notre hymne national. À l’origine chant révolutionnaire, dont l’intégralité des paroles est rarement connue, il est devenu notre chant fédérateur, incarnation d’une République forte et indivisible. Au-delà des personnes présentes le 11 septembre, j’ai souhaité que chaque enfant en âge de lire, scolarisé dans chacune des écoles élémentaires publiques et privées de Dijon, se voie remettre ce fascicule ainsi qu’un fanion bleu-blanc-rouge. Cette transmission à chaque enfant, citoyen libre et responsable en devenir, m’a semblé essentielle pour valoriser les valeurs fondamentales de notre République et la laïcité. La République est une et indivisible. Elle ne distingue pas entre ses enfants. C’est là sa force, et c’est ce qui lui permet de pouvoir intégrer, de pouvoir donner à tous les Français la fierté de l’être. La République elle porte des valeurs et comme le disait François Mitterrand « chaque fois que je vois l’injustice et l’intolérance avancer, je pense que c’est la République qui recule ».

La République, c'est aussi une histoire qu'il faut connaître, une culture qu'il faut transmettre, une langue qu'il faut diffuser, une patrie qu'il faut aimer et j’ajouterais une devise.

De quoi avons-nous le plus besoin, si ce n’est de commencer de nous rassembler autour de la fraternité pour en faire un bien réel et non plus l’éternelle oubliée de notre devise ?

La solidarité ne se décrète pas. Elle s'impose comme une nécessité. Une solidarité garante de cohésion sociale.

Au coeur de la solidarité se trouve le partage. Reconnaître ce que chacun peut apporter à l'autre. Car la solidarité ne se conçoit pas à sens unique, mais réellement dans l'échange. Pour moi, c'est le plus important.

À l’heure où la situation dramatique de la jungle de Calais a pu enfin trouver une issue solidaire, certains ont fait le choix de jouer le jeu de la peur, de la division, de l’extrémisme. C’est un jeu dangereux qui porte atteinte aux valeurs de la République. Vous savez que j’ai lancé un mouvement qui s’appelle Maires solidaires. Plus de 300 maires ont ainsi signé l’appel et se sont mobilisés pour accueillir des réfugiés. Accueillir en France 10 000 réfugiés politique cela ne représente que 100 personnes par département. Qui peut soutenir qu’un grand pays comme le nôtre de plus de 66,6 millions d’habitants, ne peut dignement les accueillir et les accompagner. On ne nous fera pas croire que la 5e puissance du monde n’en est pas capable. Notre ville est héritière d’une culture d’accueil, de fraternité, et est étroitement attachée au principe constitutionnel du droit d’asile. J’ai proposé que nous accueillions 87 réfugiés. J'insiste, n'en déplaise à certains. Ce sont des réfugiés. Ils ont fui la guerre et les persécutions. Ils ont quitté leur pays au péril de leur vie. Ils ont d’ailleurs souvent laissé chez eux leur famille dont ils n’ont pas de nouvelles. Enfin, un peu d’humanité, que diable !

Acceptons d'apprendre des autres pour grandir ensemble. Heureusement, notre ville est riche de tous ces bénévoles engagés dans les associations qui font la force de notre tissu social.

L'année 2017 sera pour tous les Français l'année des grands choix démocratiques, ceux qui rythment tous les cinq ans la vie de notre pays. Quels que soient les choix individuels, c'est ensemble que nous construirons l'avenir. Sachons toujours conserver à l'esprit le sens du collectif. C'est bien normal que chacun aspire au meilleur pour lui-même et ses proches. Mais, cette aspiration ne doit pas être synonyme de repli et d'individualisme, mais doit conduire à se dépasser. Il nous faut passer d’une mentalité de l’avoir à une mentalité de l’être, et de l’être avec les autres, où les valeurs de la personne, de sa dignité, aient la première place.

Telle est la ville à laquelle je crois. Une ville généreuse qui refuse l’égoïsme, l’exclusion, la discrimination. Une ville ouverte et accueillante, unie dans sa diversité, qui porte avec fierté son idéal de justice et de paix en Europe et dans le monde.

À chacune et chacun d'entre vous, je souhaite de tout coeur une année aussi heureuse qu'il est possible.

Formulons ensemble le voeu que la nouvelle année conduise les citoyens du monde à s'interroger sur les vraies valeurs, et à leur donner sens. Ces valeurs qui ont pour nom la tolérance, la paix, l’échange, la fraternité, et le dialogue entre toutes les cultures, sont universelles. Elles ne sont finalement rien d'autre que celles qui fondent notre République.

Bonne année 2017, à vous toutes et à vous tous !

Vive Dijon, vive la République et vive la France !"

Voeux de François Rebsamen, Maire de Dijon, Président du Grand Dijon

 

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