Une association locale fait annuler le schéma régional éolien

Une association locale fait annuler le schéma régional éolien

Contact :

Michel de Broissia
Président d’ACBFC
06 62 90 36 74 - debroissiamichel@gmail.com


22 novembre 2016

Après deux ans et demi de lutte devant les tribunaux, le collectif d’associations ACBFC, présidé par Michel de Broissia, est parvenu à faire tomber le schéma régional éolien pourtant approuvé par le préfet et le président de région en 2012. C’est lors d’une conférence de presse que Michel de Broissia, accompagné de Madame Dominique Loiseau, restauratrice impliquée dans la lutte contre l’éolien et de Jean-Pierre Riou, expert, a apporté des précisions concernant le combat mené par l’association.

Un collectif bourguignon franc-comtois :

ACBFC, c’est l’union d’une quarantaine d’associations bourguignonnes et d’une vingtaine d’associations franc-comtoises actives dans la défense de l’environnement, du patrimoine, du paysage et des habitants.

« Sur son territoire, l’association a pour objet la préservation et la défense de tout ce qui porte atteinte, notamment du fait de l’implantation de centrales éoliennes, à l’environnement, au patrimoine naturel commun, à l’agriculture, aux activités forestières, pastorales, touristiques, de villégiatures ou de loisirs, à la faune et à la flore, aux ressources naturelles en air et en eau, aux monuments historiques classés ou non, au petit patrimoine et aux bâtiments typiques, afin de contribuer à la sauvegarde des atouts du territoire, au cadre de vie de ses habitants, à leur tranquillité, leur santé, à la préservation de la valeur de leur patrimoine et de leur droit à vivre dans un environnement sain et sans nuisances. »
Extrait des statuts ACBFC

Pour faire passer son message « En Bourgogne Franche-Comté, la transition énergétique ne doit pas passer par l’éolien », l’association présente de nombreux arguments :

ACBFC, présidé par Michel de BroissiaPour ACBFC, l’éolien présente bien plus d’inconvénients que d’avantages pour la région Bourgogne Franche-Comté :

D’abord une performance énergétique contestable : La région Bourgogne Franche-Comté étant la moins ventée de France,  elle a construit sa transition énergétique sur l’implantation d’éoliennes gigantesques (180 mètres voire plus de 200 mètres comme dans l’Auxois) afin de pallier le manque de vent, éoliennes qui produisent une énergie de très mauvaise qualité, de rien par vents calmes à des pics de productions aux épisodes venteux peu nombreux. Comme cette production aléatoire n’a rien à voir avec la consommation, il faut en parallèle des sources électriques, émettrices de CO2, pour prendre la relève quand le vent s’arrête et s’effacer quand le vent reprend.

Puis un coût et un retour sur investissement non maîtrisé par les pouvoirs publics : Le développement de l’éolien repose sur un modèle économique qui le rend vulnérable à terme et soulève de vraies questions face à la pression fiscale actuelle. En France, l’éolien est financé par nos impôts, entre autres par la Contribution au Service Public de l’Eléctricité (CSPE). Les promoteurs de l’éolien ont ainsi l’assurance de pouvoir vendre toute l’électricité produite à EDF, qu’elle qu’en soit la demande, au triple prix du marché. En août 2014 ; les 9000 éoliennes installées ont coûté 800 millions d’euros aux abonnés EDF. De plus, l’intermittence et la variabilité du vent imposent de sécuriser la production en entretenant en parallèle des centrales thermiques de même puissance, ce qui augmente le coût réel. « Ainsi  l’électricité éolienne est –elle « une électricité plus chère, plus sale et moins fiable » (propos d’Axel de Tarlé, chroniqueur économique d’Europe 1).

L’association développe également des arguments sanitaires dans son plaidoyer contre l’énergie éolienne : En effet, en tant qu’installations classées pour l’environnement, les éoliennes sont dispensées du respect du code de la santé publique concernant leurs nuisances sonores. Leur niveau sonore est de 35 dba au lieu de 30 dba ce qui revient à tripler la source sonore. « Les habitants de nos campagnes n’ont qu’à subir des bruits qui justifierait une intervention de la police pour tapage nocturne », martèle Michel de Broissia.  Et d’expliquer : « Le bruit de la pale passant devant le mât, de nature impulsionnel, est irritant comme peut l’être le bruit de la goutte d’eau dans un lavabo »

ACBFC, éolienDe nombreuses études sont actuellement en cours, dans le monde, sur le syndrome éolien et soulignent  « Les effets sanitaires néfastes des fréquences éoliennes…. ». Des témoignages de riverains corroborent ces études en se plaignant d’inconfort, de fatigue, d’irritabilité, de céphalées, vertiges, nausées…. Ces symptômes sont connus pour être ceux de l’exposition aux infrasons. Des problèmes de santé ont été détectés chez les animaux vivant près des parcs éoliens.

En Bourgogne, l’installation d’éoliennes entraîne un impact non négligeable sur la faune migratoire.

Enfin, les éoliennes de 150 mètres de hauteur et plus exigent le doublement des sources lumineuses avec des balises sur le haut des nacelles et une autre rangée à mi-hauteur du mât de jour comme de nuit.

Les arguments environnementaux développés par l’association ne sont pas des moindres : Comme relevé précédemment, le caractère intermittent et aléatoire des centrales éoliennes impose la mise en service en parallèle d’autres unités de production, ce qui génère une augmentation des rejets de CO2 (« Un comble dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique… » Comme le souligne Michel de Broissia)

Quant aux arguments sociétaux et patrimoniaux, ils sont développés avec ferveur par Dominique Loiseau : « Les parcs éoliens sont les cimetières de la ruralité. Qui veut acheter une maison située au pied d’une éolienne ? Qui peut la revendre sans moins-value ? Qui a envie de passer des vacances dans un gîte avec vue sur pales ? Parce que leur hauteur est démesurée à l’échelle des coteaux, des églises, des châteaux, les éoliennes dénaturent les paysages. La rotation permanente des pales attire systématiquement le regard et perturbe l’analyse des lieux. Il en est de même pour les flashs lumineux diurnes et nocturnes. Ces nuisances visuelles transforment le paysage rural en paysage industriel et en réduisent l’attractivité ».

Concernant la victoire de l’association face aux tribunaux :

Michel de Broissia l’avoue : « Bien sûr, il s’agit d’une victoire symbolique contre le SRCAE(voir encadré) mais pas seulement. En fait, la cour d’appel de Lyon sanctionne l’absence d’études environnementales, ce qui n’est pas rien, malgré les dires de la présidente de région et de la préfète qui balaient la décision, disant qu’il n’y a rien à voir sinon un vague vice de procédure.  L’annulation du SRCE nous conforte à plusieurs titres : 1) Les tribunaux jugeront de la place de l’ancien SRCAE dans les études d’impact réalisées jusqu’à ce jour par les promoteurs. 2) Les élus feront peut-être plus attention avant de se précipiter dans la création de nouveaux parcs éoliens. 3) Enfin, pour nos adhérents, c’est bien la preuve que tout cet édifice est en fin de compte bien fragile ».

 

Les Schémas Régionaux Climat Air Énergie (SRCAE)

Le Code de l’environnement prévoit l’élaboration dans chaque région d’un Schéma Régional Climat Air Énergie. Piloté conjointement par le préfet de région et le président du conseil régional, sa vocation est de définir les grandes orientations et objectifs régionaux à l’horizon 2020 et 2050 en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, maîtrise de la demande d’énergie, développement des énergies renouvelables, lutte contre la pollution de l’air et adaptation au changement climatique.

En Bourgogne-Franche-Comté, deux SRCAE coexistent : le SRCAE de Bourgogne, approuvé le 26 juin 2012 et le SRCAE de Franche-Comté, approuvé le 22 novembre 2012.

 

Texte et photos Corinne Royer

cpcorinne.royer@sfr.fr

 

 

 

 

 

 

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