La filière agricole de Côte-d'Or, entre optimisme et pessimisme.

09 novembre 2015

A l'occasion de l'inauguration de la ferme Côte-d'Or, vendredi 6 novembre, Vincent Lavier, président de la Chambre d'Agriculture et Marie-Hélène Valente, secrétaire générale de la préfecture de Côte-d’Or ont fait le point sur la filière agricole en Côte-d'Or. Vincent Lavier a rappelé certaines vérités en réponse à la polémique autour des risques liés à la consommation de charcuterie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vincent Lavier, président de la Chambre d'Agriculture

 

La filière agricole de Côte-d'Or, entre optimisme et pessimisme Echo des communesA l'heure où la proportion de gens vivant en zone urbaine n'a jamais été aussi importante, il est vital que le monde agricole vienne à la rencontre de nos concitoyens. La ferme cote d'or s'inscrit dans ce cadre là, et je suis très fier de la présentation qui nous est faite cette année, à la fois ludique et exhaustive, dans le sens où toutes les productions du département sont représentées.
A ce titre, je voudrais remercier tous les exposants et notamment les éleveurs qui ont pris du temps pour préparer leurs animaux et qui sont présents aujourd'hui, ainsi que les salariés de nos organismes.

 

Dans notre département, de nombreux agriculteurs connaissent des difficultés face à l'impossibilité d'obtenir des prix rémunérateurs pour leur production.
Il faut que l'on sorte de cette logique où le producteur est la variable d'ajustement de la filière (chacun prend sa marge et on donne ce qu'il reste au producteur).
La contractualisation entre les différents acteurs de la filière, en intégrant le coût de production de la matière première, doit nous permettre de répondre à cette problématique.

 

Et puis la pression médiatique nous rattrape. Dans un contexte où les journalistes et certaines ONG instrumentalisent des résultats d'étude en les sortant de leur contexte, les producteurs doivent oeuvrer pour ramener tout le monde à la raison.
Concernant la polémique autour des risques liés à la consommation de charcuterie, nous savons tous qu'une bonne santé repose sur une alimentation équilibrée.
Nous savons aussi qu'un excès de charcuterie est néfaste pour l'organisme, comme bien d'autres excès.
Chaque année , il y a 30 fois plus de morts avec le tabac qu'avec la charcuterie.
Face à cette situation, les producteurs et l'ensemble de la profession doivent reprendre leur communication en main et c'est bien là l'objet de la ferme cote d'or.
Merci au conseil départemental et à son président pour leur soutien, notamment financier, sans lequel cet évènement ne pourrait pas avoir lieu.

 

Après la mise en lumière de la filière laitière en 2014, c'est autour de la viticulture cette année.


C'est une activité qui pèse peu en terme d'occupation du territoire (2% de la SAU) mais qui génère 50% du CA de l'agriculture du département et qui, de ce fait, est extrèmement importante pour l'économie du département (en plus de l'image qu'elle véhicule).
2015 est une année faste pour la viticulture avec l'aboutissement du dossier des climats de bourgogne et leur inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO.
C'est un dossier qui n'était pas gagné d'avance. Cette notion de climat semblait dépassée pour certains il y a quelques années.
L'année 2015 devrait générer aussi un millésime d'exception.
Au delà de ça, je suis assez admiratif de tout le chemin parcouru par cette filière au cours des dernières décennies.
C'est une filière qui a su se remettre en cause, qui a su innover, où les producteurs ont pris leur destin en main et qui pour moi, a valeur d'exemple à plus d'un titre.

 

En ces temps difficiles pour de nombreuse filières agricoles du département, la réussite de la filière viticole doit nous permettre de garder espoir.


Vincent Lavier

 


Marie-Hélène Valente, secrétaire général de la préfecture de Côte-d’Or

 

La filière agricole de Côte-d'Or, entre optimisme et pessimisme Echo des communesMadame Valente a rappelé que "Cette superbe manifestation met à l'honneur les différentes filières agricoles du département avec un espace important réservé aux animaux élevés dans le département... Cette année la viticulture, marquée par le classement au patrimoine mondial de l'Unesco, est particulièrement mise à l'honneur".

 

Ses premiers mots seront pour :

 

- souligner la richesse de l’agriculture dans ce département illustrée par la surprenante variété des productions : élevage, grandes cultures, viticulture, fruits et légumes… situation que très peu de départements connaissent.

- souligner le savoir-faire des exploitants agricoles qui se traduit par des productions de qualité exigeante en termes de compétences : le blé panifiable, l’orge de brasserie, le vin, les cultures légumières sous contrat, un élevage réputé pour sa qualité génétique tant en bovins qu’en ovins…

- souligner la nécessité de préserver voire développer ce patrimoine économique, culturel et humain en permettant aux exploitants agricoles de vivre décemment de leur métier et aussi d’offrir des perspectives aux jeunes qui rêvent de s’installer en agriculture.

 

Toutefois l'agriculture cote d'orienne est à la croisée des chemins pour des raisons structurelles et conjoncturelles

- l’année 2015 restera dans les mémoires comme une année où les aléas se sont cumulés : aléas climatiques, économiques et sanitaires frappent durement l’agriculture côte-d’orienne dans la plupart de ses composantes, de l’élevage aux grandes cultures. De plus la PAC 2014-2020 n’est pas des plus favorables aux zones intermédiaires dont la Côte-d’Or fait partie. C’est un véritable défi qui se présente aux acteurs agricoles locaux qui sauront s’adapter comme ils ont toujours su le faire jusqu’à présent. Seule la viticulture est épargnée avec un millésime 2015 qui s’annonce prometteur.


Une réaction rapide de l’État qui a pris la mesure de l'ampleur de la crise et qui s'est démultiplié dans toutes ses composantes et à tous les niveaux :

 

au niveau national :
plan de soutien à l'élevage avec des mesures d'urgence mais aussi de long terme annoncées dés la 22juillet et confortées le 3 septembre par le doublement des crédits d'urgence initialement prévus pour les prises en charge des intérêts d'emprunt et le triplement des crédits consacrés à l'allègement des cotisations sociales .

Au total ces crédits d'urgence représentent 150 millions d'euros : 100 M€pour la prise en charge des intérêts d'emprunts et 50 millions d'euros pour l'allègement des cotisations sociales.
Pour répondre aux charges trop lourdes d'endettement une année blanche est également proposée aux éleveurs en difficultés qui le demanderont grâce à un effort accru de l’État et des banques.

 

au niveau local :
Ces mêmes banques que le préfet de région a réuni fin septembre pour leur exposer la situation et leur demander leur concours le plus large. Je crois pouvoir dire en leur nom que le message a été entendu.
Par ailleurs dès l'été une cellule d' urgence départementale réunissant tous les acteurs de l'agriculture locale se sont constituées et ont oeuvré rapidement et dans la plus grande concertation pour mettere en œuvre le plan de soutien aux agriculteurs qui déborde largeemnt du cadre de l'élevage.
plus de 700 dossiers déposés, des critères ont été établis pour que l'attribution des aides soient la plus efficace et la plus équitable possible, des premiers paiements paiements qui interviendront la semaine prochaine
Le niveau des enveloppes n'est pas à la hauteur des besoins c'est vrai, mais le ministre de l'agriculture ici même nous a confirmé qu'elles seraient abondées
Par ailleurs cette cellule d'urgence fera office de guichet unique ainsi les agriculteurs n'auront qu »un interlocuteur administratif » pour gérer leurs dossiers de demande d'aides.


Mais ce qui nous importe à tous c'est l'avenir de notre agriculture locale, c'est ce que nous sommes capable de dire collectivement aux jeunes qui veulent entrer dans la profession.

 

Nous sommes dans une période de transition, nous passons d'un monde à un autre et il nous faut le préparer ce passage et prendre de l'avance pour écrire l'avenir et non pas le subir.


solutions :


- meilleure organisation des filières et singulièrement de la filière bovine avec la nécessaire contractualisation avec les distributeurs, transformateurs et la gde distribution, ce dispositif permettra de lisser les fluctuations des cours mondiaux

- agriculture de qualité respectueuse de l'environnement réconciliant l'agriculture et l'écologie loin des extrémismes et dogmatismes

Du reste le ministre de l'agriculture ici même la semaine dernier montrait la voie en disant qu'il voulait faire de la France le leader mondial de l'agro- écologie.

- avec un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros, l’agriculture côte-d’orienne est un secteur clé de l’économie départementale, porteur d’emplois et d’activités sur l’ensemble du territoire y compris les secteurs géographiques les moins peuplés.

- l’activité agricole est essentielle pour la vie des territoires ruraux (plus de 500 communes sur les 706 communes de notre département comptent moins de 500 habitants) du fait de l’activité créée mais aussi du fait de l’engagement des agriculteurs dans ces territoires que ce soit au travers de mandats électifs ou au sein de nombreuses associations. L’organisation de cette manifestation par le CD21 et la chambre d’agriculture démontre pleinement cette capacité d’animation des acteurs agricoles.

- depuis toujours aux côtés du monde agricole, les services de l’Etat montrent jour après jour leur attachement au maintien d’une agriculture prospère en Côte-d’Or, encore plus dans cette période difficile. Ils continueront à apporter leur appui, à prendre en compte leurs préoccupations, à les accompagner dans leur dialogue avec les autres acteurs de la société.

 

Marie-Hélène Valente

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